La crise politique qui affecte l’Europe est aussi grave – plus grave ? – que le cafouillage économique.
La France écoute les discours de son président mais ne croit plus que ces belles paroles changeront la réalité. L’Italie voit son parlement se ridiculiser en votant une ixième loi destinée à mettre son premier ministre à l'abri des juges. L’Espagne s’enfonce dans le chômage et face au désastre, l'impuissance du pouvoir paraît pathétique. La Grande-Bretagne est en faillite virtuelle : elle s’est livrée à la city, elle a tué son industrie, elle se demande de quoi elle vivra demain. Or ni les conservateurs ni les travaillistes n’apportent de réponse crédible.
Ce moment critique de l’histoire européenne marque un retour aux postures nationalistes. Croyant renforcer leur autorité, les chefs d’Etat affaiblissent l’Union européenne en vidant de leur substance les nouvelles fonctions crées par le Traité de Lisbonne. En envoyant de pâles figures à la Commission. En mettant en avant les mérites qu’ils s’attribuent et en taisant les efforts communautaires.
Où ces politiques mènent-elles l’Europe ? A l’insignifiance et au déclin. Ce n’est pas pour rien qu’Obama ne se donne même plus la peine de rencontrer les (trop) nombreux dirigeants de l’Union.

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