Il m'arrive de kiffer grave Denise Bombardier quand elle dit des choses justes en analysant notre temps tout en restant traditionnaliste :
Comment envier les jeunes couples qui courent du matin au soir entre la garderie, le travail, les courses et qui en fin de soirée, épuisés par les multiples tâches, se retrouvent face à face dans un état d'esprit peu favorable à la sentimentalité?
L'amour dans son expression la plus intime, où le désir, la tendresse, la sexualité se conjuguent au bonheur, exige du temps, c'est-à-dire des minutes et des heures. En ce sens, les amoureux pressés ou stressés font d'une certaine façon offense à l'amour. Et plus rares qu'on ne le croit sont les hommes qui consentent à perdre du temps pour aimer les femmes.
J'ai connu jadis un homme, au physique ingrat, mal attifé, levant trop facilement le coude, radin de surcroît, mais qui séduisait de nombreuses femmes, intelligentes, élégantes et souvent très belles. «Comment fais-tu?», lui ai-je un jour demandé, sans que cela l'importune, au contraire, car il connaissait son pouvoir. «J'ai toujours consacré ma vie aux femmes et, pour cela, j'ai réduit mes ambitions professionnelles. J'ai besoin de leur présence, j'aime les écouter et j'y mets le temps qu'il faut. Heureusement pour moi, les hommes en général ne prennent plus le temps de faire la cour. Ils sont expéditifs. Moi, j'aime l'attente et j'aime le désir d'une femme.»

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