Je suis
absolument d’accord avec avec Alain Policar quand il dit ceci dans sa
critique du nouveau livre de Caroline Fourest, La Dernière Utopie. Menaces sur l’Universalisme (hat tip : betapolitique) :
Désormais, le droit à la différence se confond trop souvent avec le droit à l’enfermement. À chacun sa culture, à chacun sa vérité, tel apparaît le slogan de ceux qui, culpabilisés par le colonialisme (et il existe mille raisons de l’être), ont entrepris de remettre en question les droits de l’homme parce que ceux-ci ont pris naissance en Occident. Ce péché originel invaliderait donc la prétention de ces droits à l’universalité. Le débat concerne clairement l’autonomie de la raison ou, si l’on veut, l’irréductibilité de la philosophie à l’ethnologie. Ce qui est requis ici, c’est le droit de juger des cultures à partir d’une définition de l’homme fondée sur son aptitude au décentrement critique.
C’est précisément la volonté de promouvoir, dans le champ politique, la notion de respect des différences qui a rendu problématique, à gauche, la reconnaissance d’une communauté de destin liée à l’appartenance à l’humanité commune. On a ainsi remis en cause le sentiment selon lequel une société digne devait, d’une part, veiller à redistribuer les richesses et à assurer l’égalité des chances et, d’autre part, combattre les discriminations en faisant disparaître les préjugés. La reconnaissance des différences identitaires a pris le pas sur la lutte contre la force du préjugé. Pourtant, la précellence du principe d’universalité n’exclut aucunement la reconnaissance positive des différences ou, si l’on préfère, le droit à la différence doit être compris comme implication des droits de l’homme.


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