Philippe Hugon
explique dans la Croix les raisons de la recrudescence des coups d’états dans
plusieurs pays africains :
Plusieurs raisons peuvent expliquer la recrudescence des coups d’État en Afrique. La première, c’est qu’un certain nombre de présidents en place, qui sont souvent eux-mêmes arrivés au pouvoir par ce moyen-là, s’y maintiennent en modifiant la Constitution.
Ce fut le cas en Mauritanie il y a deux ans, et la semaine dernière au Niger. Les coups d’État qui s’ensuivent ont a priori l’objectif de redonner le pouvoir aux urnes. Mais ce sont souvent de fausses promesses, même si l’armée apparaît parfois comme l’ultime recours. Les coups d’État peuvent aussi s’expliquer par des luttes entre différents clans de l’armée.
On peut distinguer trois temps de la vie politique africaine. Il y eut d’abord le temps des partis uniques parrainés par les anciens colonisateurs. En Afrique francophone, beaucoup de pays, au lieu de constituer une armée nationale, ont préféré que cette fonction régalienne soit assurée par la France.
Une raison majeure
est aussi la perception paternaliste que l’armée ou les hommes forts sont des éléments
stabilisateurs dans des pays sans vrai état ou société civile surtout s’ils ne
gênent pas trop les intérêts économiques de grandes multinationales. Je me
demande si Sarkozy ne regrette pas d’avoir fait un saut au Niger en soutenant
ainsi de manière tacite les tentatives de Mamadou Tandja de prolonger son temps au
pouvoir parce que cela servait les intérêts d’Areva. Cette visite fut plus qu’une
erreur, une bêtise et elle peut avoir des conséquences désastreuses. Gageons que les Chinois
et les Américains (qui n’ont pas vraiment condamnés) le coup d’état regardent le
Niger d’un nouvel œil et qu’ils vont déployer une opération de charme pour séduire
les nouveaux hommes forts de Niamey si ceux-ci ne sont pas des extrémistes mais
des pragmatiques.

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