J’ai relu cette
nuit un poème d’Eluard sur Staline que j’avais oublié certainement de mon plein
gré parce que je suis une inconditionnelle d’ Eugène Grandel. Morceau choisi:
Grâce à lui nous vivons sans connaître d’automne
L’horizon de Staline est toujours renaissant
Nous vivons sans douter et même au fond de l’ombre
Nous produisons la vie et réglons l’avenir
Il n’y a pas pour nous de jour sans lendemain
D’aurore sans midi de fraîcheur sans chaleurStaline dans le coeur des hommes est un homme
Sous sa forme mortelle avec des cheveux gris
Brûlant d’un feu sanguin dans la vigne des hommes
Staline récompense les meilleurs des hommes
Et rend à leurs travaux la vertu du plaisir
Car travailler pour vivre est agir sur la vie
C’est difficile d’accepter
que Eluard a pu admirer Staline mais la politique est difficile à maîtriser
pour les poètes, les artistes parce qu’ils sont toujours à la recherche de
quelqu’un à admirer et qui comprend le pouvoir et surtout la magie poétique (et presque toujours illusoire)
des mots. C’est ce qui explique que quasiment tous les grands écrivains et
artistes américains ont été Obamaniacs. Je ne compare pas ici Staline et Obama
mais juste la capacité de grands artistes à tomber amoureux de politiques
lorsqu’ils s’imaginent que ces derniers leur ressemblent ou ont une esthétique poétique.
J’en sais quelque chose.

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