Pour des
raisons que j’essayerai de formuler plus bas, je n’arrive pas à être d’accord
avec Emmanuel
Goujon et Serge Bile bien comme eux, je regrette un peu mais sans plus que
Safy Nebbou n’ai pris ni le choix de prendre un acteur « de couleur »
pour jouer Dumas ni de noircir Gérard Depardieu pour montrer que l’écrivain n’était
pas «blanc blanc.» Je ne suis donc pas d’accord avec eux quand ils écrivent ceci :
En blanchissant Dumas, le film de Safy Nebbou rate une occasion de combler une lacune chez ceux qui le verront et qui ignorent, pour la plupart, que l'auteur des « Trois Mousquetaires » était un « nègre ». Ce « détail » risquait-il de troubler les spectateurs voire d'affecter la commercialisation de l'œuvre ? Pas impossible quand on sait que, pour le cinéma tricolore, un acteur français, métis ou noir, n'est pas « bankable »…
Safy Nebbou avait, avec ce film, l'opportunité également de donner un signal fort, à l'heure où ce pays s'embourbe dans un débat sur l'identité nationale, faisant sournoisement la part belle à tout ce qui est « blanc et catholique ». Une insulte à Dumas, dont le génie, tout français qu'il était, plongeait, profondément, ses racines Outre-Mer et en Afrique.
Là, où il repose, et où la couleur de la peau n'a, fort heureusement, plus beaucoup d'importance, Alexandre Dumas ne doit pas pour autant se retourner dans sa tombe. Il en a vu d'autres. Mais, il est regrettable, qu'aujourd'hui, sur cette terre de France, la couleur soit encore un problème au point qu'on préfère la gommer.
En lisant les phrases ci-dessus, je me pose des
questions dont je ne suis pas certaine des réponses : peut-on parler de
racisme sans se focaliser sur la couleur de peau ? Safy Nebbou avait-il
besoin de faire de la couleur de peau de Dumas un détail important de son film
pour parler de certaines questions? Est-il sain de nos jours de continuer de
penser qu’un écrivain peut être défini par sa couleur de peau ? Si dans le
film, Depardieu jouant Dumas affirme comme le faisait son personnage qu’il est
un « nègre » cette affirmation serait-t-elle condamnable parce qu’il n’a pas
la peau noir, le nez gros et donc ne ressemble pas à ce qu’on nous dit doit ressembler un
noir. Finalement, je crois que le choix de Nebbou bien qu’il est contestable n’est
pas illégitime surtout si comme on nous le dit depuis un certain temps la
couleur de peau ne définit pas l’essence d'une personne. Il faudrait justement qu’un
jour, un cinéaste ait le courage de faire jouer un personnage qui n’est pas
noir par un noir et ce jour nous saurons véritablement qu’être noir n’est pas
une identité et que la couleur de la peau de quelqu’un n’est pas un alibi ou un
instrument pour parler de racisme, ou de problème de discrimination dans un
pays comme la France et aussi ailleurs. Je me suis toujours demandée si le fait
que du temps de Shakespeare, les personnages féminins étaient joués par des
hommes ne montraient pas aussi que le genre n’était pas aussi central que de
nos jours, ne serait-il pas temps de se rappeler qu’on a tous un ancêtre noir
quelque part et que par conséquent, nous tous des négros? Si Dumas et Obama
sont perçus comme des noirs, Depardieu peut l’être aussi. Eh oui, Gégé a le droit de devenir mon frère !

Tout à fait d'accord avec vous, je déplore ce mauvais procès fait au réalisateur de ce film. L'art n'a pas besoin de rechercher la vérité historique. Hamlet est-il moins génial parce qu'il n'aurait pas vraiment existé? Cette histoire n'est pas une histoire sur le racisme au XIXème siècle mais une réflexion sur la création et la couleur de peau des personnages n'y est pas vraiment pertinente. Halte à la nouvelle police de la Pensée qui consiste à chercher partout des atteintes au "politically correct". Faut-il à toute force partager l'humanité en fonction de sa couleur de peau? Je ne pense pas que ce soit la solution...
Rédigé par : Benedicte Rousseau | jeudi 11 février 2010 à 05H59
Content de savoir que vous partagez mon avis. Je crois que trop de gens sont obsédés par ces questions secondaires.
Rédigé par : Christelle | jeudi 11 février 2010 à 08H51
Chère dames , c'est facile de dires que trop de gens sont obsédés par les questions secondaires quand on ne connais pas le racisme, et qu'on ne la jamais vécu c'est un peu facile, c'est important pour ceux qui comme moi n'ont
pas beaucoup de gens qui leur ressemblent sur la scène publique pas parce qu'ils n'existent pas mais à cause des non dit , issue d'un métissage je suis en quête de mon identité de personnages historiques qui me permettent de me construire, oui j'ai besoin de savoir que Alexandre Dumas était noir , oui encore une fois c'est important pour moi ,pour mes enfants et mes futurs petits enfants .
Helene O
Rédigé par : Helene o | vendredi 12 février 2010 à 05H08
Commençons par un petit détail : Dumas avait du sang noir comme la plus part d'entre nous. Cela ne veut rien dire, absolument rien. Je ne comprend pas le besoin de savoir que Dumas avait du sang noir. Vivons nous donc dans un monde tellement si racialiste et archaïque ? « L’identité raciale » est-elle plus importante que tout le reste ? Est-elle fondamentale ? Je suis convaincue que non mais il est possible que non mais il possible que je sois tout simplement au devant de mon temps ou une simple idiote. Et croyez-moi c'est votre position qui est facile et non la mienne.
Rédigé par : Christelle | vendredi 12 février 2010 à 07H01