L’éloquence est
une arme dangereuse en politique et surtout à double tranchant. Telle était ma
pensée ce matin en faisant le choix malgré mon meilleur jugement d’écouter le
discours d’Obama d’hier soir. C’était un bon discours surtout sa dernière partie
dans laquelle certainement en dépit de lui-même il embrassait sur l’exceptionnalité
américaine en réaffirmant aux Américains une chose dont très peu d’entre eux
doute qu’ils ne sont pas comme les autres parce que leur pays n’est pas comme
les autres. Cela dit dans quatre jours tout le monde aura oublié ce discours et
attendra encoure une fois que l’administration Obama agisse sur différents fronts
afin de « changer » non pas Washington la vie des américains.
Tout cela rappelle que l’éloquence en politique n’est efficace que lorsque l’électorat
a plus envie d’être séduit que convaincu et qu’il veut aimer son président. Le problème
d’Obama est qu’ayant déjà séduit, il est maintenant dans l’obligation de
convaincre. Ses mots ne suffisent plus parce que la mariée, l’Amérique, a déjà
été séduite et qu’elle ne demande plus qu’il lui prouve que son choix de l’épouser
était le bon en dépit des risques. La chance d’Obama est que le temps de la séduction reviendra rapidement (dans 3 ans) et qu’alors la mariée, parce qu’elle aura eu d’autres aventures
(avec les Républicains), sera plus ouverte à ses mots parce qu’elle voudra que
quelqu’un la rassure en lui disant qu’elle est toujours la plus belle.

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