Je
suis presque totalement d’accord avec Philippe Bilger lorsqu’il réprouve
les propos de Jamel sur le débat sur l’identité nationale et la burqa :
Il me semble qu’il est autant erroné et suffisant que de dire que la diversité est le seul visage possible et futur de la France et que les autres sont condamnés soit à disparaitre soit à devenir minoritaires. Cette formule conforte l’idée selon laquelle les races existent et que la France, l’Europe, et « l’Occident » doivent accepter qu’ils mènent un combat pour ne pas disparaître et laisser des gens différents (qui ne partagent pas leur culture et qui veulent les voir mourir) devenir leurs représentants et leur avenir. Aucun peuple au monde n’accepterait cette eventualité et la combattrait de toutes ses forces par tous les moyens nécessaires comme dirait Malcolm X Lorsqu’on ne parle que de métissage et de diversité on renforce les peurs et les différences parce qu’on sous-entend qu’elles sont importantes et que les autres, les gens qui ne sont pas métissés ou différents doivent baisser la tête vivre à genoux ou tout le temps s’excuser de quelque chose. C’est dangereux. La diversité n’est pas une panacée et la France de demain ne sera pas meilleure parce qu’elle aura des élites qui ressembleront à Jamel. La question n’est pas celle là puisque le problème est d’accepter que justement il est possible que demain ceux qui viennent après ne s’identifient plus à Bilger et à Finkielkraut qu’à Jamel et BHL en dépit de leur origine. La diversité est un terme vide que chacun remplit de l’idéologie qui lui convient et ressembler physiquement à Jamel ou à Thuram ne veut pas dire partager ses idées politiques ou même se sentir proche d’eux.Le plus choquant tient à la formule comminatoire, presque menaçante par laquelle Jamel nous avertit que la France aura dorénavant "aussi" son visage et qu'au fond, si on suit le raisonnement, on a intérêt à en prendre acte parce que - cela est implicite - c'est la seule France qui vaut quelque chose. Je préfère l'attitude d'une Rachida Dati, pour laquelle je n'ai pas eu que des faiblesses, qui a osé - dans notre bienséance frileuse, c'est du courage ! - déclarer qu'elle respectait les électeurs du FN à propos du débat sur l'identité nationale. La France est évidemment plurielle mais je ne vois pas au nom de quoi on serait justifié à reléguer dans les oubliettes des préoccupations politiques la population qui ne plaît pas aux artistes progressistes, le peuple qui n'est pas "l'autre visage". Le thème sur l'identité nationale n'est sans doute pas la meilleure idée pour apaiser une société en crise et faire don d'un destin collectif exemplaire à une communauté nationale qui sur ce plan est gravement en manque. Mais où est "l'insulte", où est "la schizophrénie" ? Jamel Debbouze se prend pour qui et il nous prend pour quoi ?

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