Je reviens
fatiguée mais en forme. Je suis contente de ne plus être jeune car la
jeunesse est un fardeau puisque nos sociétés en ont fait la période d’or d'une vie humaine de plus en plus longue. Je suis
contente d’être née vieille et ne plus devoir me dire que je dois aller vite, courir en oubliant de vivre pour sanctifier ma jeunesse. Vive les vieux et parce que comme celle de Baudelaire « Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, traversé çà et
là par de brillants soleils » je ne peux que me sentir bien dans ma peau
en sachant que je vais devoir accepter et assumer ma liberté.
Ce long weekend m’a
donc fait du bien et cet extrait de Le Rideau de Kundera qui j’ai pou relire m’a
fait réfléchir en m’aidant à définitivement m’affranchir:
[…] Il serait ridicule d’écrire une autre Comédie humaine. Car si l’Histoire (celle de l’humanité) peut avoir le mauvais goût de se répéter, l’histoire d’un art ne supporte pas les répétitions. L’art n’est pas là pour enregistrer, tel un grand miroir, toutes les péripéties, les variations, les infinies répétitions de l’Histoire. L’art n’est un orphéon qui talonne l’Histoire dans sa marche. Il est là pour créer sa propre histoire. Ce qui restera un jour de l’Europe ce n’est pas son histoire répétitive qui, en elle-même, ne représente aucune valeur. La seule chose qui a des chances de rester, l’histoire de ses arts.

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