Lorsque j’affirme
que Barack Obama me rappelle Nicolas Sarkozy, tous ceux que je connais cessent
de me répondre au sérieux en affirmant, s’ils ne connaissent pas la politique française
que Sarkozy est un raciste, ou s’ils la connaissent un peu plus que Sarkozy n’a
pas la substance d’Obama. Je ne suis pas d’accord sur les deux points: Sarkozy
n’est ni un raciste ni un poids mouche (surtout comparé à Obama). Obama
et Sarkozy ont au moins deux choses en commun : la première est leur
cynisme politique, la deuxième est leur talent pour la com qui les aident à séduire les journalistes puis une grande partie des élites et le petit peuple qui croient qu'ils sont comme eux; il s'agit ici d'une autre forme de politique identitaire.
En lisant le discours d’Obama
d'Oslo, je me suis dit que c’était un discours Sarkozyste (et Bushiste bien que plus réfléchi, cela ne veut pas dire qu'il n'est pas érroné). Son but était d’arguer
que la réalité et l'Histoire sont moins importantes que l’image et le sucre du court-termisme et que surtout une
guerre est morale si elle est conduite par des femmes et des hommes moraux qui combattent des salopards. C’est
dangereux d’entendre de tels discours qui moralisent, dans le mauvais sens du
terme, la politique en essayant de faire oublier que le but d’une politique est
justement de ne pas se transformer en religion en oubliant que son idéologie ne
doit pas devenir un ensemble de dogmes religieux qu’on doit défendre contre les réalités
et les difficultés du concret. J’ai l’impression
qu’Obama a ramené l’Amérique aux premiers jours du monde de l’après-11
Septembre durant lesquels les Américains croyaient qu’ils vivaient soit une ère
nouvelle qu'ils devaient dominer pour ne pas mourir, soit une répétition des années trente qui avaient conduit à Hitler, la
Troisième guerre mondiale et la Shoah en étant obsédés par l’esprit de Munich, et
le devoir « viril » de ne jamais capituler face au mal qui était plus
redoutable parce qu’il n’était plus, comme l’aurait affirmé Arendt, banal.
Ce
qui se passe est effrayant. En voulant à
tout prix gagner en Afghanistan pour éradiquer le terrorisme, Obama, Sarkozy,
et les autres, parce qu’ils sont tellement égocentriques et ont une peur castratrice de perdre une bataille,
ont oublié qu’ils ne peuvent pas avancer sans alliés. En effet, il n'est pas possible de gagner par la force, sans que que les citoyens de l’autre monde, celui du mal qui sont comme ceux du monde bon mais qui ont
soit moins de possessions qu'eux, soit rien du tout mais qui sont possédés d’une telle rage qu'elle sera toujours un moteur qui les poussera toujours à s'inviter chez les autres pour détruire
les richesses qu’ils n’ont pas et des personnes qu'ils considèrent comme responsables du
fait qu’ils vivent à genoux dans un monde impur.
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