Quelques phrases
d’Elisabeth Lévy sur cette satanée et éternelle question d’immigration :
La politique consiste à concilier le bien commun et celui de chacun, parfois à sacrifier celui-ci à celui-là. En matière d’immigration, c’est le prix à payer pour ne pas mettre un peu plus en danger la cohésion nationale. Pour autant, on a le droit de s’attrister. Et l’indifférence britannique aux expulsions (qui ne concernent pas, là-bas, trois personnes mais plusieurs dizaines et plusieurs fois par an) n’est pas plus sympathique que le sentimentalisme qui, chez nous, tient lieu de toute réflexion. On apprend en effet dans un excellent sujet diffusé au “20 heures” de France 2 le 21 octobre que la presse anglaise n’a pas consacré une ligne à la question.
François Fillon estime que la France n’a pas à se sentir coupable. Il me semble qu’il a un peu tort. La culpabilité qu’on éprouve quand on fait du mal, même si on n’a pas d’autre choix, fait partie de notre humanité. Avoir des états d’âme peut être inutile, parfois dangereux, mais c’est la preuve qu’on a une âme.
Je me suis
toujours demandée pourquoi la question d’immigration était autant sentimentalisée comme
si elle ne pouvait pas se poser autrement que par des questions de cœur, d’états
d’âmes et de bonne conscience. J’ai toujours pensé que justement l’erreur venait du
fait que les propos de Rocard sur la misère du monde ont été placés au centre du problème. Après tout, si on considère que les immigrés sont toujours des misérables, pourquoi
devrait-on les accepter dans son pays ? Qui a vraiment envie de laisser entrer la
vermine chez lui ? Peu de gens et c'est humain de vouloir que le chez-soi soit sans vermine. Tant que les politiques et les autres
continueront de ne pas dire la vérité à leurs électeurs sur le fait que leur
pays a besoin de certains immigrés la politique d’immigration restera
focalisée sur les charters, les clandestins, la misère, la culpabilité et la responsabilité
des ex-colons et des blancs (qu'est qu' un blanc?), le racisme, l’antiracisme, et l'anti-antiracisme, l’identité nationale, le patriotisme, le nationalisme et la peur de changer, l’intégration et l’assimilation.
J’attends toujours qu’un gouvernement français ou autre fasse le choix d’être populiste
jusqu’au bout ou de trancher en refusant de le sentimentalisme béat si inutile puisqu'il
n’apporte aucune solution bien qu’il rassure sur l’existence et la pureté de l'
âme de ceux dont le j.o.b. est non pas de faire comme le pape (se désoler pour entrer dans le royaume des cieux en étant parfois charitable) mais de faire avancer les choses. Personne ne parle plus d'immigration choisie ou positive parce que Sarkozy a compris qu'il vaut mieux garder ce sujet présent justement dans l'inconscient et le conscient du peuple pour gagner des élections sur le symbolique et non sur le concret puisque la Gauche n'a pas de réponse puisqu'elle s'interdit de penser en croyant ainsi pouvoir le pourrissement de la vielle carcasse qu'est le Parti Socialiste.

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