Trop d’énormités
ont été dites sur l’affaire Polanski sans en général que ceux qui les prononcent
s’informent sur le droit Californien. Verel met l’accent dans son billet sur ce
qu’il croit être le fait ce genre de crime aux Etats-Unis est « Imprescriptible.»
Il est mal renseigné puisqu’en Californie la prescription existe pour les viols
sur mineurs mais elle n’est pas applicable dans ce cas tout simplement parce
que Polanski est considéré comme un fugitif.
C’est le fait qu’il ait commis la bêtise de s’enfuir de Californie qui
fait que cette affaire dure depuis plus de 30 ans. Je ne vais pas revenir sur les déclarations
enflammées et idiotes de Fréderic Mitterrand et de Dominique Paillé qui semblent
considérer que le fait d’essayer de juger (non pas de condamner) une personne qui s’est
enfuie pour échapper à des lois qu’elle estimait injustes et à la persécution d’un
juge est inhumain. Je ne suis pas d’accord. Ce qui me choque est qu’en France et
dans certains milieux qui considèrent Polanski comme un génie, des personnes qui
s’indignent facilement des injustices de ce monde n’ont pas peur du ridicule,
de l’hypocrisie et de la honte pour faire de lui une victime, un martyre. En dépit
des réactions à chaud, une chose me parait claire : Polanski ne craint pas
grand-chose. Il ne finira pas le reste de ses jours dans une prison
californienne. Le pire qu’il aura à subir sera de devoir répondre de son acte
devant un tribunal. Ceci ne me semble pas injuste car après
tout lorsqu’on a des actes sexuels avec une mineure en la droguant, en lui
faisant boire la moindre des choses même si on fait des films sublimes est de
devoir répondre de ses actes. Le système judiciaire
des Etats-Unis n’est pas parfait, celui de la France non plus. Mais entendre
des cris de hyènes dans cette affaire sur la détestable Amérique est
insupportable et exécrable parce qu’après tout Monsieur Polanski n’ira pas en
Alabama ou au Texas mais en Californie un état dans lequel son statut de célébrité aura de l’importance et où il sera d’autant mieux jugé équitablement
qu’il a réussi à acheter avec le temps et son argent le pardon de sa victime
non c’est trop fort, le désir de celle-ci de passer à autre chose. Il n'y a pas eu d'acharnement. Au contraire, si Polanski n'était pas Polanski il n'aurait jamais pu passer 30 ans sans vraiment être inquiété. Ceux qui disent qu'il n'y a pas eu viol disent n'importe quoi car ils font semblant de croire qu'avoir des relations illégales avec une mineure veut dire lui donner trop de bonbons ou juste lui caresser le sein. C’est
bizarre comme la vision qu’on a de la justice est influencée par le statut de
celui qui est poursuivi ou l'opinion qu'on de lui. Maître Eolas a un
billet intéressant sur ces questions.
Il faut toujours se souvenir que cette histoire est avant tout celle d'un homme qui a pensé qu'une fillette de 13 ans était une femme-objet dont il pouvait se servir sans conséquences et que parce qu'il était un cinéaste doué peu de gens oseraient le mettre en prison pour son acte. Il avait raison.

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