Je suis d'accord avec Elisabeth Lévy lorsqu'elle affirme ceci:
L’accusation de racisme devrait être maniée d’autant plus prudemment
qu’elle est infâmante et porteuse d’exclusion sociale. C’est l’arme
nucléaire. Le raciste se met volontairement en dehors du monde commun
et je suis tout-à-fait d’accord pour considérer que l’appartenance à la
haute fonction publique est, dans ce domaine, une circonstance
aggravante. Mais sauf à décréter que les victimes d’hier ne sauraient
être coupables de quoi que ce soit, un minimum de circonspection
s’impose lorsque la nouvelle marque écarlate est gravée, sans la
moindre forme de procès, au front d’un personnage public. Même s’il est
préfet et même s’il a un nom à rallonge qui fleure la vieille droite
pas cool que l’on aime d’autant plus détester qu’elle est plutôt en
voie d’extinction.
Or, c’est tout le contraire qui se passe. Tout le monde est suspect et, en la matière, le soupçon a force de preuve.
Ce dont parle Lévy est en
grande partie la conséquence du fait qu’avoir des propos racistes en France est
en crime comme un peu partout en Europe. Il existe une sorte de
chasse aux sorcières encouragée par trop de gens pour s'excuser du passé
ou d'avoir souvent des pensées pas très propres. Si la société croyait
en elle-même elle laisserait l’opinion publique condamnée les propos racistes en
exprimant sa désapprobation par son vote par le pouvoir de sa bourse. En
vieillissant, je me rends compte que par paresse intellectuelle et certainement
par sentiment de culpabilité, nos sociétés ont fait des racistes de petits Satans comme si
tous les actes racistes se valaient et comme dire des conneries
odieuses étaient la même chose que lyncher une femme/un homme à cause de
sa couleur de peau/sa religion...etc. On me dira qu'avant l'acte, il y a
toujours les mots, c'est possible mais lorsqu'on croit au libre-arbitre, on ne
doit pas condamner une personne pour ses mots en supposant qu'ils deviendront
un jour des actes. Le contexte est toujours important et ce qui m'a toujours
semblé insupportable est d'avoir des gens présumés racistes sans pouvoir se
défendre parce qu'en se croyant libre de mal penser, ils avaient dit un jour une
connerie/une énormité.

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