Les phrases qui...:
J'ai mis en ligne mon premier disque en téléchargement gratuit sur
mon site internet. Depuis cinq ans, le disque a été téléchargé plus de
70 000 fois. Je n'ai pas reçu un seul email de remerciement ou de
commentaire concernant ce travail. En définitive, j'ai un peu
l'impression d'être un potier qui a mis ses poteries sur un étal au
bord de la route avec une partie de sa production en libre service, et
qui assiste impuissant au déferlement de hordes de personnes avides qui
s'emparent de ce qui est gratuit dans un mouvement compulsif et qui
partent en courant vers d'autres gratuités possibles. C'est ainsi qu'on
voit des gens constituer des réserves de Mp3 de plusieurs milliers de
Gigas qu'une vie entière ne suffira pas à écouter. C'est le 'more than
you can get' du buffet du club-med. C'est gratuit, pourquoi se priver ?
L'obésité numérique en somme. Le mythe de la gratuité comme nouvelle
expression de liberté et qui cache de nouvelles formes d'aliénation.
Il faut bien reconnaître que l'on a affaire à une génération qui n'a jamais payé pour le musique. Doit-on pour autant s'en satisfaire sans réagir ?
Il faut bien reconnaître que l'on a affaire à une génération qui n'a jamais payé pour le musique. Doit-on pour autant s'en satisfaire sans réagir ?

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