Je suis d'accord avec Olivier Rolin quand il affirme ceci:
Le génie subtil du roman, lorsque naturellement il n'est pas dévoyé,
dénaturé en instrument de propagande, est un antidote à la simplicité
d'esprit binaire du discours politique, et à ce titre un moyen
d'émancipation, de libération de la pensée dont nous avons plus que
jamais besoin. C'est une idée proche, me semble-t-il, qu'exprime
Flaubert dans une lettre: «La rage de vouloir conclure est une des
maladies les plus funestes et les plus stériles qui appartiennent à
l'humanité. Chaque religion et chaque philosophie ont prétendu avoir
Dieu à elles, toiser l'infini et connaître la recette du bonheur. Quel
orgueil et quel néant! Je vois au contraire que les grands génies et
les plus grandes œuvres n'ont jamais conclu.» Le roman n'est pas «arrogant», ne juge pas, le roman ne conclut» pas, le roman ne fait pas la leçon.

Commentaires