Ah, ces phrases j'aurais presque pu les écrire bien que je ne partage pas totalement le point de vue de Théodore Kouamouo:
De plus, alors que Sarkozy à Dakar n'a pas su rompre avec la rhétorique du clivage et de l'affrontement, qu'il affectionne tant, et s'est posé en grand professeur qui sait tout -disant à plusieurs reprises « le problème de l'Afrique, c'est que… »-, Obama a su utiliser l'art de la nuance, dénonçant l'Afrique de la honte pour mieux mettre en valeur, à travers de nombreux exemples, l'autre Afrique.
Comparons les figures qui ressortent des discours fondateurs des deux hommes.
Chez Sarkozy, il s'agit du « paysan africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature », et qui « ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles. »
Obama, lui, évoque les « braves Africains » qui sont du bon côté de l'histoire : le pouvoir et l'opposition ghanéennes qui cohabitent harmonieusement, des policiers incorruptibles, des membres de la société civile engagés dans la fin des violences électorales au Kenya, etc. En bon « storyteller », Obama raconte, dans une sorte de roman d'anticipation, l'histoire d'une renaissance dont les Africains sont les héros.
Je dois dire que j'en ai marre de ces chefs d'état qu'ils soient Africains ou pas qui n'aiment que l'Afriquent que dans leurs discours, avec les mots sans jamais le faire avec les actes, avec leur politique. La vraie différence entre Sarko et le nouveau Jésus est que pour les Africains, Obama est un des leurs et qu'ils croient qu'il va changer les choses parce qu'il a du sang Africain, parce qu'il est pour eux noir. Sarkozy lui est un étranger dont la véritable erreur dans son discours de Dakar a été non pas de critiquer mais de faire semblant de tout savoir sur un continent qu'il ne connaît pas. Cela dit Obama ne le connaît pas non plus mais pour le moment, le sang, l'identitaire lui accordent la présomption de la connaissance, de la bonne foi et surtout fait de lui le messie, celui va tout changer. C'est comique mais surtout navrant car Obama est un américain qui n'a même pas l'ambition de changer l'Afrique ou l' Amérique puisque son seul dur désir c'est de durer.

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