Je suis abasourdie quand je lis ceci mais je crois comme Bilger qu'il faut rester calme:
Pouvons-nous dire et écrire que, pour des raisons politiques,
certains voudraient laisser croire à l'opinion que l'antisémitisme
gangrène notre société alors que ce fléau se trouve au contraire fort
heureusement à un niveau historiquement bas. Ainsi, le conseil de la
famille Halimi n'a pas manqué d'appeler les jurés à se montrer d'une
sévérité exemplaire de manière à vaincre une prétendue "culture antisémite de la banlieue".
A
vouloir ainsi instrumentaliser systématiquement et sans le moindre
recul tous les fait divers à connotation éventuellement antisémite,
réels ou supposés (souvenons-nous de "la fille du RER"), certains
prennent le risque de raviver des braises qui ne demanderaient pourtant
peut-être qu'à s'éteindre. Ceux-là prennent le risque de faire se lever
des communautés les unes contre les autres alors que, précisément, tous
ces jeunes de Bagneux sont apparus soudés, tout au long de ce procès,
par leur misère sociale, bien plus que par leurs origines ethniques ou
religieuses.
L'avocat général a pris conscience de tout cela : le
ton de ses réquisitions l'a montré. Il n'a pas été apprécié. Aussitôt
sa position connue, le conseil de la famille Halimi a dénoncé son
prétendu laxisme. On a mobilisé Bernard-Henri Lévy,
lequel s'est indigné sans manifestement rien connaître du dossier...
Les jurés ont été mis sous pression. Au-delà du scandale que
constituent ces manoeuvres qui portent atteinte à l'indépendance des
juges, nous posons la question : Pourquoi aviver ainsi les haines entre
communautés ? Dans quel intérêt ?
C'est alarmant mais il me semble qu'en France, la justice, comme aux Etats-Unis, devient plus une questions d'émotions que de droit comme si tout ce qu'il fallait pour avoir une justice irreprochable c'est d'avoir des jurés et des juges qui ressentent la douleur des victimes en la faisant sienne sans avoir de la distance requise pour prendre en compte les faits et le droit pour ne pas juger en étant aveuglés ou influencés par la colère ou la douleur. Il est important d'affirmer ici que c'est Elisabeth Lévy qui avait raison lorsqu'elle écrivait qu'il était important de ne pas laisser Ilan Halimi devenir la victime des Juifs (alors qu'il appartient à toute une société) tout comme Maître Eolas lorsqu'il insistait sur l'importance de pas mettre en avant les mobiles racistes de ceux qui sont accusés de crimes. Si seulement on les avait ecoutés...

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