Philippe Bilger "se paye" BHL pour son commentaire sur l'affaire Halimi:
Quelle partialité pouvait-elle le pousser, dans ce bloc-notes, à cibler, outre Fofana, quatre accusés en particulier dont les avocats portaient un regard critique sur Me Szpiner et sa stratégie médiatico-judiciaire ? Quelle pulsion l'a poussé à se déchaîner pour tenter de démontrer que l'antisémitisme, retenu comme circonstance aggravante à l'encontre de deux accusés seulement, était partout dans cette tragique affaire et que même le "crapuleux" l'était ? Quelle perversion l'a incité à prétendre "se payer l'avocat général", comme il l'a dit en cercle restreint, sur un mode tel que même ceux qui ne m'apprécient pas en sont restés interdits ? Je ne me réfugierai pas derrière le trop facile "tout ce qui est excessif est insignifiant". Car certains éléments qui me sont venus aux oreilles - des journalistes, complaisants officiellement, ne le sont pas toujours dans la confidence - rendent plus que vraisemblable la "privatisation" de ce bloc-notes au profit d'une vengeance personnelle.
Le problème de BHL, pour qui je continue à avoir beaucoup d'estime, est qu'il n'arrive pas/plus à nuancer ses propos ou à avoir la distance obligatoire pour parler de sujets sensibles sans les personnaliser en se sublimant lui-même (ce qui fait qu'il perçoit toute critique comme une attaque ou pire un crime), sans en faire une question morale pour lui permettre ensuite de diviser le monde en deux, les bons et les méchants en choisissant toujours le camp des bons (qui ne peuvent pas s'opposer à lui) ou en désignant les coupables, les ignorants, et les poltrons. Cette attitude peut donner des résultats brillants mais parfois elle le conduit à faire des erreurs de jugement qui peuvent ensuite devenir plus graves. Je me souviens d'un commentaire de Bhl sur youtube sur l'élection américaine dans lequel il comparait Obama à Sarah Palin et en l'écoutant je me suis dit que BHL pour exister a besoin d'ennemis et de toujours opposer l'admirable à ce qu'il considère comme exécrable. Je suis d'accord avec Bilger, on ne peut pas, on ne doit pas commenter, surtout lorsqu'on est BHL, du procès de l'affaire Halimi comme si elle était l'intrigue d'un roman en oubliant que les faits et le droit sont importants pour n'exposer que des émotions en flinguant facilement certaines personnes.

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