Alexandre Lévy sur l'obsession de Youssouf Fofana pour la télévision:
Youssouf Fofana est, à sa façon, lui-aussi un enfant de la télé. Avec ses camarades, c'est la génération «astucieuse», celle des séries télévisées, d'Internet et de jeux vidéos, comme l'expliquera le procureur de Paris, Jean-Claude Marin, peu après le démantèlement de la bande. Commentant les mises en scène accompagnant les photos de l'otage, le magistrat évoquera alors des scènes «connues par ailleurs dans le monde»: l'Irak, l'Afghanistan, le Parkistan, en référence aux prises d'otages d'Occidentaux, notamment celle, dramatique, du journaliste américain Daniel Pearl, à Karachi...
Des images qui ont fait le tour de la Toile. Tout comme, plus récemment, celles du journaliste irakien balançant ses chaussures à la figure de George W. Bush lors d'une conférence de presse à Bagdad. Des images que Youssouf Fofana a certainement vu parce qu'il va répéter ce geste dans ces moindres détails, le 11 juin, en envoyant en pleine audience du tribunal ses baskets en direction des parties civiles. «Il y a tous les juifs du monde dans le box, ce sont mes ennemis. C'est un attentat arabe à la chaussure piégée», a-t-il crié.
J'ai du mal à lire les articles d'Alexandre Lévy sur Fofana parce que je me pose une question qui je crois mérite d'être posée, doit-on tout savoir sur Fofana? Je n'oserais pas dire que c'est indécent de savoir autant de choses sur lui mais il me semble que le piège dans ce genre de situations c'est de ne pas faire du bourreau et de sa vie, un cas particulier, le symbole de quelque chose, même quand cette chose est ordinaire. Je me souviens du livre du frère de Moussaoui qui décrivait ce dernier comme un homme normal devenu islamiste, puis terroriste à cause de nombreuses humiliations et félures. Je me souviens aussi de sa mère qui affirmait que son petit-garçon en bon musulman ne pouvait pas lui mentir lorsqu'il clamait son innocence. Ce que j'essaye de dire est que nous avons tous vécu des choses, vu des abominations qui nous tenteraient de nous transformer en bourreaux pour ne pas subir, pour ne plus être faibles, humiliés, ou brutalisés. Je crois que comme le disait Camus que le but doit rester de refuser de devenir un Dieu décidant arbitrairement que certaines personnes n'ont pas le droit de vivre, d'être pour demeurer un être humain.

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