Je suis, comme presque toujours, d'accord avec Maître Eolas quand il écrit ceci:
La question que je souhaite développer dans ce billet répond à
l'argument suivant, censé réfuter l'acquittement : un verdict de non
culpabilité ne voudrait rien dire d'autre que le jury n'a pas estimé
que des preuves suffisantes avaient été rapportées, et rien d'autre. Il
ne prouve pas l'innocence, mais seulement l'insuffisance des preuves. Ergo : on peut continuer à affirmer que l'acquitté était coupable.
À lire cela, mon sang se glace. Biais d'avocat, direz-vous, et je
l'assume, encore que je suis prêt à parier que mon accablement sera
partagé par bien des magistrats, fussent-ils du parquet.
Vous imaginez la conséquence ? Les acquittés d'Outreau ne sont donc
pas libérés du soupçon (d'ailleurs des rumeurs n'ont pas tardé à courir
sur eux aussi, les mêmes causes entraînant les mêmes conséquences), et
ce Dreyfus, là, tout de même : il n'y a pas de fumée sans feu. etc., ad nauseam.
Ces mêmes personnes n'auront en revanche aucune prévention sur un
verdict de culpabilité. Je doute qu'elles eussent exprimé de telles
réserves si le jury de la Haute Cour de Justice de l'État de Californie
avait rendu un verdict de culpabilité. Car on pourrait tout aussi bien
dire qu'un verdict de culpabilité ne veut rien dire d'autre que le jury
a estimé que des preuves suffisantes avaient été rapportées, mais que
cela ne veut certainement pas dire que l'accusé est coupable.
Curieusement, cet aspect nécessaire de la thèse est moins soutenu.

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