Pierre Assouline sur la nouvelle obsession du président pour la littérature:
Etrange, tout de même. Voilà deux ans que le président de la
République est suivi à la trace par des dizaines de journalistes
accrédités à l’Elysée qui ne le lâchent pas d’une semelle pendant ses déplacements, qui sont assis à côté de lui dans l’avion, qui écoutent aux portes, qui jonglent entre le on et le off,
et nul n’avait remarqué qu’il ne pensait qu’à ça : la littérature ! le
cinéma ! la peinture ! Soudain, c’est l’avalanche : mille et une
informations et andecdotes sur sa passion de la culture. Dire qu’on en
est là, qu’il a besoin de ça pour enrayer son impopularité et qu’à 54
ans, cet homme qui a vécu dans des milieux favorisés, fait des études
supérieures, fréquenté les grands de ce monde, éprouve la nécessité de
faire savoir à ses contemporains qu’il est moins inculte qu’il n’en a
lui-même accrédité l’idée, ne se rendant même pas compte que ce
faisant, il nous donne l’exacte mesure de ses lacunes !
Bien entendu, la révolution culturelle s’accompagnera d’un coup
de balai. Exit donc Christine Albanel puisqu’à un président cultivé, il
faut un ministre de la Culture de l’envergure d’un Malraux.

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