Philippe Bilger est un Obamaniac ou un Obamacentrique, ce n'est ni un crime ni une mauvaise chose mais cela ne lui permet pas de comprendre la politique intérieure américaine et quand il écrit ceci, je me dis qu'il est devenu aveugle:
Le nouveau, c'est qu'il cherche désespérément à donner son dû à Créon sans désobliger Antigone. Il n'a rien oublié de ce qu'il était mais les yeux ouverts, prend de plein fouet ce que la réalité lui impose de regarder. C'est à cause de cette douloureuse tentative de conciliation qu'il se trouve à la torture.
Grâce au président Obama, nous, citoyens du monde, pouvons au moins constater que le véritable chef d'Etat n'est pas celui qui se débarrasse de la morale mais, au contraire, celui qui vaillamment cherche à l'inscrire, tant bien que mal, au coeur de son action. La synthèse imparfaite que Barack Obama parviendra à réaliser vaudra mieux que toutes les réussites du pragmatisme qui efface ce qui gêne pour ne garder que ce qui plaît.
Quand je lis cela, je secoue la tête et je me dis qu'il n'y a rien de plus dangereux que des personnes qui se focalisent sur une personnalité et ses discours sans analyser sa politique et ses actes. Obama n'a rompu qu'avec le discours de Bush en ce qui concerne au moins la torture et je me demande si Monsieur Bilger sait qu'il a proposé dans son beau discours de Jeudi dernier de détenir "les terroristes" de manière préventive. Pour l'instant, Obamanisme c'est Bushinme avec un discours plus fin, plus consentuel et un visage métissé. Mais nous devrious savoir depuis le temps, surtout au moins depuis Sarkozy, que le discours politique n'est jamais souvent et que fréquemment c'est l'arbre qui cache la forêt. Obama n'a pas promis de tenter ou de paraître, il a promis d'être, il a dit qu'il n'était pas comme les autres, ces salauds de politique qui avaient menti ou qui avaient justement été trop pragmatiques. Il est étrange qu'aujourd'hui justemment on le loue parce qu'il agit comme les autres tout en continuant de parler éloquemment de changement.

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