Il a enfin cessé de pleuvoir à New York. Depuis la fin officielle de l'hiver, le temps était capricieux car non seulement le froid ne déménageait pas, mais la pluie gâchait les quelques jours où le soleil essayait de rappeler ce qu'était le printemps. L'avantage à New York est que tout y possible plus qu'ailleurs même si en ces temps de crise, on ne peut ne pas se rendre compte juste en regardant les rues que les New Yorkais doutent de quelque chose et que la ville se demande avec anxiété si les beaux jours vont revenir. Lorsqu'on visite les grands magasins de luxe, on note que ceux qui peuvent encore se permettre de se payer une robe Chanel ou des chaussures Jimmy Choo sont pour une fois gênés car le regard des autres est plus insistant, plus accusateur et on comprend tout de suite que pour beaucoup, ceux qui consomment trop ou qui vivent luxueusement sont coupables et responsables des problèmes d'aujourd'hui. Une partie de l'Amérique, surtout de sa partie blue, croit que la crise est un signe que l'Amérique doit fondamentalement changer sa façon de vivre et sa croyance religieuse au matérialisme. New York étant non seulement la capitale de l'Amérique Bleue mais aussi la capitale économique des Etats-Unis, il est impossible de ne pas ressentir la grandissante contradiction entre le désir de consommer raisonnablement et le fait que la ville est le symbole de l'aspect matérial du rêve américain, du fait qu'il est impossible d'en avoir, d'en dépenser trop et que rien n'est jamais trop grand ou trop luxueux.

Commentaires