En survolant les trente minutes qu’a pu se payer Obama hier sur toutes les grandes chaînes de télévision américaines, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire qu’il y a des choses qui ne devraient pas être à vendre, surtout durant une élection et être interdites en politique. Je crois que sur si l’avenir de la politique est l’hollywoodisation alors on n’aura plus droit au débat politique d’idées qui sera substitué par la capacité des candidats de vendre, de faire rêver et de jouer un rôle. Cette élection est non seulement la plus chère de l’histoire des Etats-Unis mais elle est aussi la première durant laquelle un candidat s’est fait totalement financé par des fonds privés pour échapper à toutes règles et ainsi annoncer d’une certaine manière que désormais tout sera à vendre et à acheter durant une élection. Ce qui était le plus difficile à accepter en regardant la longue pub d’Obama était justement qu’il n’était plus possible de faire la différence entre un/une politique et un produit, entre un candidat et un acteur qui joue le rôle de sa vie pour être oscarisé. Toutes ces dérives sont tolérés pour trop de journalistes, d’Américains et trop de « citoyens du monde » parce qu’Obama n’est Bush et qu’ils pensent tous qu’il est trop intelligent, trop sympathique (comme Besancenot) et trop cosmopolite pour être corrompu par le pouvoir et devenir dangereux. Il se trouve, cependant, que la fin ne justifie pas les moyens et qu’Obama s’il est élu devra aussi être jugé non seulement pour ses choix politiques et leurs résultats surtout aussi pour la manière dont il a choisi de gagner une élection après avoir annoncé qu’il voulait changer (et surtout nettoyer) profondément et sublimement la politique, les Etats-Unis, et le monde.

Commentaires