La Marseillaise a été honteusement sifflée lors du match amical d’hier. Est-ce une surprise lorsqu’on sait depuis assez longtemps déjà qu’en Europe, les states sont des endroits où les personnes vont, contrairement aux Etats-Unis, aussi pour manifester leur mécontentement, exprimer leurs opinions politiques et surtout provoquer une classe politique qui leur semble trop élitiste et méprisante vis-à vis d’eux, le petit peuple? Ceux qui ont sifflé la Marseillaise l’ont fait justement parce qu’ils savaient que le Gouvernement Fillon allait agir de la manière dont il a agit aujourd’hui en politisant encore plus l’événement au lieu justement de le dépolitiser et de ne pas donner satisfaction aux lâches qui ne savent plus que s’exprimer par la provocation.
Quand Roselyne Bachelot dit que les matches amicaux seront annulés si la Marseillaise est sifflée désormais, on comprend que l’intention n’est pas d’éviter ce genre d’événements mais au contraire de s’en servir à des fins politiques. Il n’y a rien de plus stupide que de dire que parce que des petits salopards qui veulent se faire voir sifflent l’hymne national français, tout match amical (le fait que ce soit seulement les matchs amicaux qui sont concernés en dit long sur le manque de sérieux de cette mesure) et comment va-t-on arrêter un match et évacuer un stade sans incidents ?
L’idée de Bernard Laporte de jouer les matches en province où vivent les vrais patriotes qui eux ne risquent pas de violer les symboles nationaux est encore plus stupide. La véritable question que les politiques français refusent de se poser est pourquoi un pays aussi violent et aussi inégalitaire que les Etats-Unis connaît rarement ce genre d’incidents. La réponse est qu’en Europe et en France les citoyens se sentent dépossédés de tous moyens d’expressions politiques et profitent du sport pour dire ce qu’ils pensent qu’ils n’ont pas le droit de dire ou de penser. Aux Etats-Unis, les Américains mettent le sport au-dessus de la politique, de tout et ils l’utilisent rarement pour des fins politiques parce que pour eux, aller dans un stade est une distraction, un moyen de vivre pleinement leur passion en buvant trop d’alcool et en insultant les femmes qui osent venir voir un match ou l’arbitre et les joueurs. Le fan américain de sport se sent plus libre que le fan français et pour lui, la politique ne peut que spolier les joies que le sport lui procure. Le fan de sport français perçoit trop souvent un stade comme une zone de non-droit où enfin il peut exprimer ses opinions politiques sans peur d’être châtié ou marginalisé par une société qu’il considère prisonnière d’une pensée unique.
Je me souviens d’un match de Basket universitaire durant lequel Bill Clinton a été copieusement hué parce que les fans considéraient qu’il envahissait leur espace avec sa présence en y amenant la politique. En France, surtout depuis 98, les politiques vont dans les stades non pas par amour du sport mais pour exploiter l’engouement qu’il suscite et surtout avoir l’air de faire partir du peuple. Le ver de ce mal se trouve là et il ne sera pas tué avec des mesurettes ou avec encore une fois la politisation du sport.
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