Banaliser la mémoire
Elie Wiesel sur la banalisation de la mémoire :
Il est impossible d'écrire un roman sur Auschwitz. Soit ce ne sera pas un roman, soit ce ne sera pas Auschwitz. Que d'autres essaient, je ne suis pas un censeur; moi, je ne peux pas. Mais à propos de banalisation, voyez l'emploi du mot holocauste en Amérique. Je suis tombé à la télévision sur un programme sportif dont le présentateur s'exclamait, à propos de la défaite d'une équipe : «Quel holocauste !» Quand il y a un incendie, des morts, ce mot apparaît. Donc moi, je ne l'emploie plus. Je regrette de l'avoir fait, aucun mot ne convient. Faute de mieux, j'écris «Shoah» dans mon roman. Ou alors je dis «la destruction». Mais mieux vaut simplement dire «Auschwitz». Et si on le dit sans trembler, alors il ne faut pas le dire.



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