L’argument de Serge Hefez selon lequel la féminisation du monde financier pourrait être une solution contre la crise financière démontre, à mon avis, à quel point les femmes sont mal en point dans le monde puisqu’on leur demande toujours de le changer, de faire mieux que les hommes ou de la fermer en acceptant les lois et l’insolence de la nature. Les questions que se pose Hefez sont des questions qu'on ne devrait plus se poser parce qu'elles sont sans object. Se les poser rappelle justement que la femme est encore considérée par trop de gens contre une créature qui doit servir à quelque chose pour entrer dans les cercles fermés du pouvoir. Morceaux choisis :
Lorsqu’elles fondent une entreprise, elles se limitent dans l’emprunt et cherchent l’autofinancement. Partout, elles tendent à prendre des décisions plus mesurées. Kerviel aurait-il pu être une femme ? Il est clair en tout cas que lors d’un krach, les marchés sanctionnent les stratégies plus audacieuses et dangereuses des hommes.
(…) Depuis toujours, des civilisations successives ont expérimenté que l’étanchéité des univers masculins et féminins privait les uns plus que les autres de leur humanité.
Les vertus dites masculines sont d’autant plus convaincantes qu’elles se teintent de qualités dites féminines. Elles appartiennent ensemble à tout être humain et permettent à la fois la maîtrise du monde et sa conservation.
S’il est une leçon annexe à tirer de cette crise, c’est bien celle des bienfaits de la mixité…

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