La citation de la semaine est extraite d’un bille de Philippe Bilger qui nous rappelle tout simplement que l’histoire est tragique en mouchant au passage Bhl qui ne réalise toujours pas que la chaleur du contact personnel et la sauvagerie ahurissante des choses aperçues un moment sur le terrain ne sont pas forcement indicatrices de vérité (on se souvient de Bush affirmant lors de sa première rencontre avec Poutine avoir vu son âme en le regardant dans les yeux pour expliquer pourquoi qu' il le considérait comme un « copain » pour utiliser le mot employé de manière enfantine par Sarkozy pour décrire Obama. On se souvient aussi de certains journalistes américains, pourtant sur le terrain, affirmant durant les émeutes de 2005 que la France était en pleine guerre civile . Il n’est pas garantie que Bhl ait tort mais s’il a raison ce n’est pas parce qu’il a vu des choses en Géorgie et qu’il a rencontré le président Georgien qui lui a fait bonne impression) :
L'Histoire est tragique parce que des soldats meurent, que les engagements ne coûtent rien et que les idéalistes sont désarmés.
Un article de Bernard-Henri Lévy, dans le Monde, sur son entretien avec le président géorgien, des embrassades ici ou là, des naïvetés, le culte des relations personnelles, la certitude de convaincre n'importe qui, tout cela appartient à un registre révolu. Il l'était déjà hier quand Chamberlain croyait pouvoir discuter avec Hitler et qu'il a été réduit à néant. Il l'est aujourd'hui où les pesanteurs comptent plus que les liens d'amitié affichée.
Qu'on prenne les remarquables stratèges, reconnus comme tels, qui s'ébattaient dans cette Histoire tragique comme dans leur milieu naturel : ils bougeaient peu, réfléchissaient beaucoup et les illusions n'étaient pas leur fort.

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