L’Analyse d’Henri Weber sur les raisons du recul du socliasme en Europe et des échecs de la social-démocratie est inaudible et surtout donne le vertige :
Le nouvel âge de la globalisation dans lequel nous sommes entrés, avec son envolée des prix de l'énergie, des denrées agricoles et des matières premières, ses crises financières et économiques à répétition, ne va pas améliorer ce palmarès. Si elle veut revenir au pouvoir, la social-démocratie européenne doit proposer une nouvelle offre politique. Celle-ci doit se concevoir à l'échelle de l'Union européenne et incarner, au-delà de ses objectifs économiques, un projet de civilisation. Les socialistes savent que les grands défis du capitalisme mondialisé ne peuvent être relevés efficacement qu'à l'échelle continentale. Mais confrontés à la difficulté de la tâche, ils se sont repliés, dans les faits, sur des stratégies nationales, souvent non coopératives.
(…) La crise de la social-démocratie provient, en dernière analyse, de son incapacité à mettre en oeuvre une réponse européenne aux défis de la mondialisation. Son renouveau passe par la relance et la réorientation de l'Europe. Tant il est vrai que la croissance forte et durable, la protection des salariés contre tous les risques sociaux, la lutte contre le réchauffement climatique, la maîtrise de l'immigration, la régulation du capitalisme mondialisé, exigent une Union plus volontaire, plus ambitieuse, plus sociale.
Affirmer béatement que l’Union Européenne est l’avenir du Socialisme est l’équivalent d’affirmer que les sectes sont l’avenir des religions ou plus exactement que l’Opus dei est l’avenir du Catholicisme. L’affirmation n’a pas de sens parce qu’elle perpétue une fuite à l’avant puisqu’elle ne répond pas à l’interrogation capitale : comment-on construire à l’échelle européenne lorsqu’on n’arrive pas à construire à l’échelle nationale ? C’est un peu comme si Weber nous expliquait que le PSG est incapable de gagner la ligue 1 mais qu’il peut gagner une coupe d’Europe.
Weber montre que les socialistes sont obsédés par leur passé, par les inaptitudes et par leur échec parce qu’ils savent très bien qu’ils n’ont plus d’avenir et que leur parti réunit des personnes qui sont ensembles parce qu’ils ont peur d’être seuls et qu’ils utilisent la structure socialiste pour manger, survivre dans un monde politique impitoyable. La question pour les socialistes n’est pas compliquée et elle est de choisir entre être immobile et donc fidèles à une idéologie passée qui les a toujours paralysés lorsqu’il s’agissait de ne plus être dans l’opposition et de gouverner ou plutôt d’accepter que sacrifier le présent et l’avenir pour être fidèle à un passé mort et imparfait n’est pas tout seulement imbécile mais suicidaire. La vieille gauche avait peut-être des idées mais elles l’ont conduite droit au mur. Les gauches d’aujourd’hui sont velléitaires. Elles ont une phobie obsessive et paralysante du divorce et de l'action. Comme les héritiers de Mao et de Staline qui savaient que leurs héros avaient été des tyrans qui avaient sacrifiés leurs pays pour leurs idéologie, les gauches d'aujourd'hui continuent de sacraliser les conneries et les échecs d'hier pour ne pas mourir. Elles ne croient pas en leur capacité de se réinventer en faisant du neuf non pas avec du vieux mais de la nouvelle matière grise qui est tellement abondante lorsqu’on observe les désordres et les maux non seulement du conservatisme traditionnel mais aussi du néolibéralisme.
Pourquoi est-ce si compliqué lorsqu’on est de gauche de ne pas avoir peur du monde et de comprendre que la globalisation est une aubaine pour ceux qui croient encore que l’être humain n’est vraiment libre que s’il vit dans un univers où tout est possible pour le plus de personnes possibles ?

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