Dans la pièce En attendant Godot de Samuel Beckett, celui qui se fait attendre et sur lequel les deux personnages principaux comptent pour tout changer ne vient pas sûrement parce que l’auteur sait qu’il ne peut que décevoir et que le plus important est de faire attendre ces gens qui ont besoin d’espoir plutôt que de le décevoir. Nous savons désormais quel est le « colistier » d’Obama, c’est Joe Biden (quasiment tout le monde dans le cercle très fermé des gens in de Washington le savait depuis plus de 10 jours), le Sénateur du Delaware depuis 35 ans, qui a 65 ans (6 de moins que McCain) et qui représente ce qu’Obama dit vouloir changer, la politique, le vieux Washington et un parti démocrate qui aliène sa gauche et qui a voté pour la guerre en Irak. Obama l’a choisit parce que ne voulant pas choisir Hillary, il fallait qu’il trouve quelqu’un qui ne pâlisse pas en comparaison et qu’il donne l’impression d’avoir été sage en faisant un compromis puisqu’il a choisi quelqu’un que tous les « vieux » et les « racistes » qui aiment Hillary devraient accepter (hélas pour lui, cela ne se fera pas comme cela car le buzz de Vendredi était qu’il n’avait même jamais fait semblant de considérer Hillary pour le j.o.b ce qui va maintenir le gouffre grandissant entre les Obamaniacs et les Clintonites). Le problème pour Obama est que la manière dont il a fait son choix était encore une fois sans tact et qu’il a prouvé encore une fois qu’il n’était pas capable de laisser son égo derrière lui ou plutôt de l’assumer totalement en choisissant le vice-président qu’il voulait réellement choisir en démontrant qu’il croit profondément en son message de changement et de nouvelle politique et que ce n’est pas juste un coup de marketing, ce que le choix de Biden prouve car comme je l’ai toujours dit, le vrai message d’Obama est que son programme c’est lui. Nous sommes donc dans la pièce de Becket mais malheureusement pour Obama l’histoire a perdu beaucoup de son intérêt puisqu’il la porte tout seul et que la grande question est celle de savoir si elle ne finira pas par l’écraser. Je crois qu’Obama est convaincu que son destin est d’être président des Etats-Unis et que rien ne peut l’arrêter. Parce que je crois au libre arbitre, je ne crois pas que toute une vie puisse être prédéterminée et qu’on n’échappe pas à son destin, c’est pourquoi cette élection n’est pas gagnée d’avance.

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