J’ai une dent contre le mot « colistier » qui est utilisé par beaucoup de journaux français, le monde en particulier, pour ne pas utiliser du mot « vice-président » en donnant ainsi l’impression, fausse, que le vice président peut changer une élection (le dernier vice président à avoir réellement contribué à une victoire c’est Lyndon Johnson celui de John Kennedy en lui faisant gagner son état du Texas et encore l’élection fut la plus serrée des Etats-Unis jusqu’à celle de 2000). Les vice-présidents américains n’ont l’importance que le président veut bien ou est forcé de leur accorder. Ils n’ont quasiment jamais les mêmes pouvoirs que Dick Cheney.
Si j’étais un politique, je préférerais être le « colistier » de John McCain que celui d’Obama car au moins je serais sûre qu’en cas de victoire, ma saison au purgatoire ne durera que 4 ans car McCain ne fera qu’un mandat ou qu’en cas de défaite, je deviendrais immédiatement le favori pour 2012 et l’un des chefs de mon parti. Ce que j’essaye de dire que le vice président d’Obama sera condamné à être un Cheney sans pouvoir, (j’aurais dit Fillon mais au même lui il a l’apparence du pouvoir et peut user de la constitutionalité de sa fonction pour essayer d’être visible surtout quand le président est impopulaire). Il devra rester dans l’ombre en servant son maître et en sacrifiant son avenir politique pour assurer celui d’Obama. C’est pour cette raison qu’Obama fait durer le suspens car il sait que son choix est limité et que s’il finit par plier face aux pressions de choisir Hillary Clinton, 2012 sera certainement l’année de tous les dangers pour lui s’il gagne (ce dont je continue de douter). En effet, si sa présidence est un échec elle n’hésitera pas (et elle aurait raison) à se présenter contre lui. C’est pour cette raison qu’après l’assassinat de JFK, Lyndon Johnson n’avait pas choisi Robert Kennedy mais il a gagné sans lui car le pays était encore sous le choc et la campagne de 64 ne fut pas vraiment une campagne. Les candidats à la présidence n’aiment pas avoir pour « colistier » un rival même potentiel et font tout pour ne devoir leur victoire qu’à eux-mêmes. J’ai des sources fiables sur le nom du choix d’Obama et je crois qu’hélas pour lui cette décision ne fera que renforcer le fait que le centre de l’élection c’est lui. McCain n’existe pas et ne peut donc pas vraiment être attaqué. Les américains voteront pour ou contre Obama car il est depuis la fin des primaires démocrates le président de demain. Obama a réussi à faire de cette élection un referendum non pas sur les années Bush mais plutôt sur lui et ce que les électeurs croient voir en lui puisque la question qui déterminera l’issue du scrutin est toute simple : Obama peut-il non seulement représenter l’Amérique mais la diriger ? C’est pour cette raison que son discours la semaine prochaine sera similaire à celui de Sarkozy en Janvier 2007 lorsqu’il disait avec émotion aux Français qu’il avait changé. Obama ne dira pas aux américains qu’il a changé mais qu’il est comme eux et qu’il a l’Amérique dans les veines parce qu’il l’aime profondément. Le problème est qu’Obama est piège par son talent d'orateur et qu’il va falloir plus qu’un discours pour convaincre l’Amérique comme une très belle aristocrate riche qui est convoitée par un jeune premier qui n’a que toutes ses dents qu’il ne la désire pas juste pour ce qu’elle peut lui apporter mais pour ce qu’il veut lui donner en mettant son talent et tout ce qu’il possède à ses pieds.

Commentaires