La leçon de ces jeux olympiques n’est pas compliquée. Elle est celle que retiendront les pays pour qui la Chine est un modèle parce qu’elle a gagné son pari non seulement en se développant à sa manière mais aussi surtout en tenant tête aux les pays forts qui voulaient lui faire respecter les droits de l’homme et autres règles soi-disant fondamentales pour un pays « civilisé » : lorsqu’on veut gagner et devenir une superpuissance sur la scène internationale, il faut tout sacrifier pour atteindre cet objectif en travaillant plus que les autres, en étant plus discipliné, et surtout en franchissant des limites que les puissants de maintenant ne peuvent pas se permettre de franchir. On a beaucoup parlé aux Etats-Unis des gymnastes chinoises qui avaient encore leurs dents de lait mais les américains ont été bluffés par le fait que les Chinois ont réussi à avoir plus de médailles d’or qu’eux en faisant du sport une question nationaliste non de mérite individuelle et en faisant oublier avec leur savoir-faire et leur organisation en apparence parfaite tout le reste même si évidement ce reste est important. Mais ce que le succès des Jeux de Pékin prouve est que les Chinois connaissent très bien les décideurs d'aujourd'hui et savent comment leur remplir la panse et leur emballer les sens en organisant avec des ingrédients chinois un show à l’américaine pour qu’ils oublient les fantômes de Mao et de Tienanmen et ceux que le miracle Chinois laisse derrière, pour ne pas dire écrase.
Il serait intéressant de se demander si la Chine serait la Chine si elle avait pris un autre chemin que celui qu’elle a suivi et surtout si l’exemple justement des autres pays qui ont réussi à devenir des grandes puissances n’est pas que le pouvoir justifie tous les moyens. Peut-on douter en examinant seulement l’histoire récente que tous les pays sont obsédés par l’idée de maintenir le pouvoir qu’ils ont ou de l’accroître ? Si Sarkozy, Bush, ou Blair avaient été leaders chinois, auraient-ils vraiment mis les droits de l’homme et l’écologie au centre de tout en les privilégiant même lorsqu’ils sont contraires aux intérêts de leur pays ? Je ne le crois pas. Il est rarissime de voir un politique moderne qui sait dire non au pouvoir surtout lorsque l’alternative est d’avoir moins et que l’accent est sur le plus que les politiques et la quasi majorité des élites des pays forts pensent être l’allié du mieux. J’essaye d’arguer que le « nous » n’existe pas réellement sur la scène internationale puisqu’on l’utilise c’est tout simplement pour défendre sa sphère d’influence et ses intérêts nationaux. Les Etats sont conscients qu’ils évoluent dans un monde où il est vital de tout faire pour acquérir le plus de pouvoir possible pour ne pas être bousculé et pour faire partie des décideurs. La Chine d’aujourd’hui n’est pas celle de 2001 qui avait dû flatter le comité olympique pour avoir les jeux olympiques. Elle n’est pas encore celle de demain qui pourra les dominer dans toutes les disciplines. Elle est pour le moment un pays qui a organisé d’une main de maître et de fer ses jeux ce que même les Etats-Unis n’avaient pas réussi à Atlanta puisqu’à cause du fait que sa société est libre, un fou furieux, Eric Rudolph, qui voulait protester contre l’avortement, était parvenu à faire exploser une bombe dans le parc olympique.
Vivement, la coupe du Monde en Afrique du Sud. Espérons que Mandela soit encore non seulement vivant mais en bonne forme.


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