La citation de la semaine est de Malalaï Joya, femme Aghane exclue du parlement de Kaboul:
Alors, oui, au moment où je me bats pour réintégrer ce parlement où j'étais légitime, je fais un rêve. Et même plusieurs. Je rêve d'abord que les femmes afghanes se redressent, lèvent le voile, et exigent tous leurs droits. De tous les tourments qu'affronte notre pays, ce sont les premières victimes. 87% souffrent de violences domestiques; les viols - la plupart du temps impunis - sont innombrables. 80% des unions étant des mariages forcés, les filles servent de monnaie d'échange; elles peuvent être cédées à des vieillards, offertes en réparation d'une dette, échangées parfois contre un chien.
Le suicide - pendaison, strangulation, immolation - apparaît à beaucoup comme la seule option pour échapper à leur misère. Si vous saviez le nombre de femmes brûlées, défigurées, à l'hôpital d'Herat! L'éducation? Selon OXFAM, une fille sur cinq va à l'école primaire, une sur vingt à l'école secondaire! Et cela ne s'améliore pas. Dans les régions contrôlées par les talibans, les petites filles sont régulièrement attaquées et kidnappées sur le chemin de l'école, et l'on brûle les bâtiments. La santé? Inexistante. L'espérance de vie d'une Afghane n'est que de 44 ans; toutes les vingt-huit minutes, une femme meurt en couches...
(…) Je rêve qu'on cesse de mélanger islam et politique, et que l'Afghanistan, débarrassé de l'occupation étrangère, devienne une grande démocratie laïque. L'islam est dans notre cœur et notre esprit. Il ne doit pas servir à manipuler l'opinion.

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