Nature,éducation, culture, ou environnement ? :
Mais cette brutalité qui terrorise les victimes semble être presque normale pour les adolescents des banlieues difficiles. Les coups, les bagarres font partie de leur vie quotidienne. «Si tu ne te bats pas, tu ne sors plus de chez toi, explique Jonathan, un ancien habitant de la Cité des 3000 à Aulnay-sous-Bois. Parce que les mecs, ils sont en bas de l'immeuble, tout le temps.» Celui qui refuse le combat est une «tarlouze» (homosexuel), une «baltringue» (bouffon, minable) ou, s'il porte plainte, une «balance» qui peut s'attendre à un harcèlement sans merci de la part des autres jeunes.
Dans cet univers, tout devient prétexte à affrontement: un «mauvais regard», une dispute à propos d'une fille - «alors là, ça part en live direct» - ou l'envie de s'approprier un bien prestigieux. «Quand tu as 15 ans, toi aussi tu aimerais avoir une casquette Lacoste ou des Nike, témoigne Jonathan. Et s'il faut faire des conneries pour les avoir, tu les feras.»
La bande, le groupe font alors figure de recours indispensable contre les agressions, les manquements à l'honneur, les insultes. Myk, jeune homme aux oreilles décorées de faux diamants rencontré gare du Nord, à Paris, raconte qu'après plusieurs bagarres, son cousin a triomphé d'un rival qui voulait «draguer sa meuf», parce qu'il «connaissait plus de monde». Pouvoir rallier à sa cause des «relations», des «gens qui ont du vécu» - par exemple, qui sont allés en prison pour avoir «planté quelqu'un» - est un atout décisif dans ce genre de conflit.
A part les criminels éprouvés, la plupart des jeunes finissent par s'extraire de cette culture basée sur la force et les rapports de domination. Certains deviennent même de paisibles pères de famille, propriétaires d'un pavillon, qui s'irritent des débordements des plus jeunes. Car après eux, tout recommence: par imitation, par admiration aussi, le geste des caïds des cités se transmet, suscite de nouvelles vocations. Et malgré les diatribes du président Nicolas Sarkozy contre les «voyous», le cycle ne semble pas près de s'arrêter.
J’entends déjà ce que dirait Finkielkraut et je commence à penser que même s’il n’a pas raison, il n’a pas tout à fait tort bien qu’évidement les choses ne sont jamais aussi simples qu'il le prétend. Je crois qu’il est clair que les banlieues n’ont jamais intéressé Sarkozy que lorsqu’elles pouvaient lui permettre de se présenter comme un homme fort qui est volontaire et contre la culture de l’excuse et l’assistanat. Le hic est évidement est que depuis que Sarkozy est président, il s’occupe de sujets qui l’intéressent vraiment tels que les relations étrangères (parce qu’il veut être aimé hors de France, quoi qu’il dise pense pouvoir faire de la France Sarkozyste une super puissance et surtout s’occuper de l’international est une manière d’essayer de se recréer une image de superman sans prendre trop de risques et trop se heurter avec son électorat). Je fais que le pari que les Banlieues seront un des sujets essentiels des prochaines présidentielles et qu'entre temps il y aura probablement encore d’autres émeutes, d' incidents qui forceront Sarkozy et les politiques à prendre acte et à réagir ne serait qu’idéologiquement.

Commentaires