La chasse à l’immigré est en vogue partout :
Mais le spectacle de Noirs pauvres massacrant leurs semblables dans le pays qui a su renverser pacifiquement le régime raciste a saisi d'effroi tout le continent. "Les Sud-Africains ont-ils oublié le soutien de leurs voisins dans la lutte contre l'apartheid ?", ont déploré en substance nombre d'observateurs. Exclus du statut de réfugiés, les migrants font l'objet d'une vigoureuse politique de reconduite à la frontière par Pretoria. Chaque année, 150 000 étrangers sont éloignés de force, en train, vers le Zimbabwe. Nombre d'entre eux repassent la frontière dans les jours qui suivent.
A l'autre extrémité du continent, la Libye de Kadhafi est passée maîtresse dans l'art d'instrumentaliser l'afflux d'immigrés (20 % de la population contre 8 % en France), qui tiennent des secteurs entiers de l'économie. L'immigration, facilitée dans les années 1990, lorsque le "guide" a troqué le panarabisme pour le panafricanisme, est sévèrement contrôlée depuis les années 2000 et la normalisation des relations avec les pays occidentaux. Des rafles de grande ampleur sont organisées régulièrement, comme en janvier, suivies d'expulsions massives vers le sud avec le soutien financier de l'UE. Depuis les émeutes racistes de 2000 - une centaine de morts -, les Noirs servent de boucs émissaires aux difficultés économiques.
Sans parler des réfugiés chassés de leur pays par les guerres, l'histoire récente de l'Afrique est parsemée d'épisodes de ce genre. A chaque fois, la xénophobie exacerbée par des rivalités économiques ou foncières est exploitée et aboutit à des expulsions massives. (…) L'Afrique, secouée par une croissance démographique souvent supérieure à la croissance économique, est en pleine effervescence migratoire. Déjà, en dépit des obstacles, de la xénophobie et des expulsions, les Africains, toutes formes de migration confondues, sont les habitants les plus mobiles de la planète.
La xénophobie n’a donc pas de couleur. Trop souvent, hélas, on oublie que l’immigration n’est pas juste en soi une question de racisme mais d’équilibre puisque la vraie question est non pas d’accueillir tous les pauvres mais plutôt de trouver le moyen d’intégrer ceux qui sont intégrables tout en aidant les autres à avoir un avenir meilleur dans leur pays qu’ils sont généralement obligés de quitter pour survivre. La vérité est qu’il est trop simpliste, j’allais dire trop Besancenotiste, de regarder la question de manière manichéenne en arguant que la porte doit être grande ouverte ou que qu’elle doit être totalement fermée. Le faire est une manière de déshumaniser l’immigrée en a faisait un instrument pour défendre une idéologie politique alors que justement l’objectif devrait d’être à la fois humain mais aussi surtout pragmatique parce qu’il y a des valeurs et des principes qu’on ne peut pas sacrifier même par charité. J’écoutais la semaine dernière Brice Hortefeux défendre avec fierté son bilan au ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement et je me suis dit qu’il était à côté de la plaque non parce qu’il avait augmenté le renvoi de immigré chez eux mais parce qu’il ne semblait pas se rendre compte qu’ils allaient revenir et qu’en dépit des accords passés avec leurs pays, les autorités locales n’empêcheront jamais à les empêcher de partir parce que ces immigrés potentiels sont une source de revenue non seulement pour leurs familles mais aussi pour toutes leurs sociétés. Hortefeux n’a pas encore compris que plus important était pour la France et les autres pays d’avoir une politique d’immigration qui met l’accent sur ce qui est possible en établissant des règles simples et apolitiques qui permettront à la misère au monde d’avoir un peu d’espoir au lieu de se ruer vers l’ouest, l’est, le nord ou le sud en acceptant de tout risquer puisqu’elle n’a, de toutes les manières, rien.
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