Peut-on être socialiste et libéral ? Bien sûr mais cela voudrait dire qu’on ne croit plus au socialisme et surtout qu’on croit au marché. Croire aux vertus du libéralisme (j'y crois) n’est qui n’est pas un mal mais une contradiction lorsqu'on se dit socialiste. Elle est destinée à dire une chose provocatrice sans enfin oser dire que le socialisme est mort et qu’une partie de la gauche en refusant de laisser enterrer un mort dont la carcasse se décompose se condamne à rester marginale ou plutôt à rester révolutionnaire sans gagner le pouvoir ou s’en servir pour changer la vie. Le problème avec cette déclaration tout feu tout flamme de Delanoë est qu’elle nous rappelle qu’il est un ancien Jospiniste et que donc par conséquent il redit juste ce qu’avait dit Jospin autrefois en disant qu’il voulait une économie de marché mais pas une société de marché. La formule est très in donc de notre époque mais elle est vide car Delanoë aurait tout aussi bien pu dire « je suis socialiste et j’adore l'Orangina. » La véritable question n’est jamais abordée parce que les socialos sentent bien qu’en défaisant certains mythes et qu’en acceptant d’enterrer leurs illusions et délusions, ils devront nommer les choses et arrêter d’être juste anti-Droite ou anti-Sarkozy. Le pari de Delanoë est d’essayer de représenter à la fois le mouvement, le changement, et la compétence sans se faire emmerder par la gauche bonbon. Le défi de Ségolène Royal est de tout faire pour l’en empêcher en insistant sur le fait que Delanoë est peut-être compétent mais que sa politique n’a pas d’âme parce que justement il refuse d’apprendre de l’erreur principale de Jospin qui a été d’ignorer l’importance du cœur et des valeurs qui peuvent paraître désuètes aux politiques mais auxquelles une grande majorité de l’électorat se raccroche parce qu’il a peur de ce nouveau monde qui semble fou et n’être motivé par l’argent et le plaisir.
Delanoë aurait dû dire « je suis un gauchiste libéral » parce qu’alors il aurait fait comprendre un peu comme DSK avait essayé de le faire, trop tard, lors des primaires socialistes, qu’il voulait mettre l’économie au service du social. Si j’étais Ségolène Royal, je serais sereine parce que je me dirais que je suis au centre du débat et que mes adversaires n’auront pas d’autres choix que d’aller à ma gauche ou à ma droite et que ma tâche est les marginaliser en insistant sur le fait que leur vision est incomplète, ringarde car ce qu’ils appellent de l’audace n’est que du minimalisme marketé en suivant l’exemple du socialisme Sarkozysme.

Je vous adore. J'aime vous lire. Par exemple cette fulgurance: ce que vous dîtes dans ce billet, avec cette fluidité...
Je ne sais comment vous remercier autrement qu'en vous citant (si vous me le permettez).
J'aurais pu écrire ce billet mais...c'est vous !
Rédigé par : Julien Tolédano | mardi 27 mai 2008 à 15H47
Merci, Julien !
Rédigé par : Kiki | jeudi 29 mai 2008 à 03H45