Gilles Kepel dans un édito dans le Figaro:
La politique de l'Administration Bush, la «guerre contre la terreur» qui devait réorganiser le Moyen-Orient sous la houlette des États-Unis, a échoué dans le fiasco irakien ; l'apothéose islamiste promise par Ben Laden, Zawahiri et consorts grâce au djihad et au martyre, n'a pas réussi à mobiliser les masses arabes, et «l'État islamique d'Irak» instauré par al-Qaida dans les provinces sunnites n'a de réalité que sur Internet. L'ennemi commun de Bush et Ben Laden, l'Iran chiite et révolutionnaire est aujourd'hui en situation de négocier : alors que la présidence américaine, délégitimée par son échec, handicapée par l'incertitude électorale, ne peut pas relever ce challenge, c'est à l'Europe qu'il appartient de montrer la voie, en partenariat avec les États arabes du Conseil de coopération du Golfe une instance formée en 1981 contre l'Iran, mais qui a accueilli Ahmadinejad lors de son dernier sommet au Qatar. Ce défi qui est un défi de civilisation sera l'une des tâches majeures de la présidence française de l'Union européenne : il faut que nous en mesurions les enjeux et en manifestions la volonté politique.
Je commence à avoir marre pour dire les choses crûment qu’on utilise toujours le terme de “civilisation ” lorsqu’une confrontation existe entre l’Occident et le reste du monde comme pour affirme que c'est la barbarie et des sauvages qu'elle combat et qu'elle peut donc se passer du droit international. D’une certaine manière, ce terme justifie le conflit en le rendant inévitable puisqu’il affirme que des cultures et des mondes différents n’ont guère d’autre choix que de se confronter violemment.

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