On peut toujours compter sur les socialistes français et les démocrates américains pour rendre les choses compliquées lorsqu’elles pourraient être simples. La lutte reprend au PS pour diriger le machin archaïque et usé qu’est l’appareil socialiste. Elle va durer longtemps. Les socialistes pensent avoir le temps de prendre leur temps. Ils n’ont toujours pas compris que plus ils laissent le vide face au Sarkozysme moins il sera pour eux difficile par la suite de proposer une alternative crédible.
Le congrès aura donc lieu en Novembre et apparemment Delanoë est passé devant Ségolène Royal dans les sondages même parmi les militants socialistes (je suis sceptique) qui le préfère pour remplacer François Hollande. Je regarde ce cirque avec lassitude et je comprends que ces gens aiment la confusion et le désordre. Ils ne veulent pas trancher sur le fond et parler autre chose que de Sarko, de Ségo et de leurs petits bobos. Le problème des socialistes est qu’ils sont amoureux de leur vacuité parce qu’elle leur permet de rester éternellement adolescents en accusant les autres d’avoir mal vieilli.
Il est évident que le prochain Premier Secrétaire, s’il/elle tient jusqu’en 2012, sera le candidat du PS au présidentielle même s’il/elle n’est élu que par compromis. Les socialistes seront soit trop faibles ou plus sages pour refaire des primaires après le congrès difficile. Un Premier Secrétaire qui se sera attelé à reconstruire un parti en pleine décomposition n’acceptera pas, avec raison, de laisser la place du chef à quelqu’un d’autre alors que sa tâche aura été périlleuse et que le fait de l’avoir accomplie aura montrer qu’il/elle est le meilleur présidentiable. Ségolène a donc intérêt à conquérir le parti et à essayer de devenir Premier Secrétaire parce que si elle doit subir une défaite mieux vaut que ce soit celle-là car elle aura ensuite largement le temps de rebondir et de se refaire loin du parti si le tout sauf Ségolène Royal l’emporte en Novembre. Delanoë aussi doit y aller à moins qu’il croit vraiment que Ségo sera même si elle l’emporte ne pourra garder le parti. Les autres, Moscovici, Julien Dray, et Claude Bartolone ont beau dire qu’ils n’ont pas l’ambition d’être président mais je fais le pari que cette ambition, si elle n’existe pas déjà, viendra s’ils réussissent à prendre la place d’Hollande.
On peut se rendre compte en analysant la manière dont les gauches française et américaine choisissent leur chef qu’elles ne savent pas avancer disciplinées et que parce qu’elles aiment la roman et les contes de fées, elles refusent l’ordre, le pragmatisme, et l’action si elle n’est pas grandiose.

Les commentaires récents