Dans le monde, un collectif appelle à la reorientation du PS vers sa gauche pour créer une gauche de gauche qui resoudrait tous ses problèmes:
C'est d'une gauche de gauche que nous avons besoin. Qui réponde par l'exigence de justice et l'intérêt général au pouvoir occulte des marchés. Qui donne la priorité à la satisfaction des besoins populaires et à la redistribution des richesses. Qui porte l'objectif d'un mode de développement respectueux des grands équilibres écologiques et se montre soucieuse de protéger la diversité culturelle. Qui place la souveraineté du peuple au coeur de son projet. Qui affiche l'ambition de s'appuyer sur les mobilisations du plus grand nombre pour donner de nouveau majoritairement le ton à gauche. Qui devienne une véritable force et crée les conditions d'un gouvernement rompant enfin avec les logiques libérales...
Bien sûr, les choses ne sont pas simples. Le "non" de gauche au traité constitutionnel européen n'a pu se traduire en une candidature commune à la présidentielle. La tendance se fait aujourd'hui forte, au nom des succès électoraux partiels que viennent d'enregistrer les formations de la gauche de transformation, à se réfugier dans le statu quo. Ce serait, à terme, un choix mortifère.
Lorsque je lis ces mots, j’ai envie de me taper la tête contre un mur parce que je réalise que trop de Français n’ont pas encore compris que bien que la gauche du PS existe, elle est plus une entité sociale que politique dans le sens où elle n’aime rien autant que les révoltes et les révolutions et que tout compromis pour elle est une compromission. C’est pour cette raison que le PS a perdu toutes les élections présidentielles depuis la chute du mur de Berlin qui a vraiment signalé la fin de toutes ces utopies molles et trop sucrées qui faisaient croire que le marché et le capital pouvaient être détruits et remplacés par un partage stricte et une morale suprême qui interdiraient toute inégalité et iniquité. Pour regagner une élection présidentielle, le PS ne peut donner l’impression d’être resté dans ce monde de l’avant la chute du mur de Berlin parce qu’alors il montre qu’il est incapable de se moderniser et d’accepter que gouverner veut dire accepter de dépasser certains clivages, certaines idéologies lorsque le moment l’exige. Si à chaque soir du premier tour, le PS ne peut que se tourner vers le Communistes, les verts, la Lcr, lutte ouvrière et d'autres groupuscules que l’électorat peut trouver sympathiques mais pas crédibles (parce qu’il sait quils n’ont pas envie de prendre le pouvoir et qu’ils servent juste à manifester des sautes d’humeur et le refus de tout changement) alors plus jamais il ne gagnera d’élection présidentielle. Le problème de la gauche en France et ailleurs (je pense aux Etats-Unis) est qu’elle n’arrive plus à dialoguer avec ses différentes fractions parce qu’elle a peur de tirer le trait sur certains principes archaïques et de concevoir de nouvelles valeurs avec lesquelles elle acceptera de ne jamais transiger. La conséquence de cette impossiblité de dialoguer sans s'entretuer est l’immobilisme et le fait qu’aujourd’hui être de gauche ne veut pas dire être pour quelque chose mais être contre quelque chose et se créer des ennemis avec des cornes pour garder en soi le désir d’une révolution qui rendra le monde plus juste et plus rose sans mettre les mains dans la pâte pour ne pas les salir .

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