J’aimerais être entièrement être d’accord avec cet argument de Valérie Rosoux mais je ne le suis qu’à moitié :
La notion de pardon comme prélude à la réconciliation est attirante. Elle ne permet toutefois pas de faire fi de l'une des principales difficultés de l'usage politique du pardon. La conception du pardon dans le rapport d'une collectivité à une autre, plutôt que dans un rapport de personne à personne, pose la question de la représentation à un double niveau : dans la plupart des cas, ce sont des "représentants" qui, d'une part, demandent pardon pour des faits qu'ils n'ont pas commis eux-mêmes et qui, d'autre part, accordent le pardon au nom de victimes qui se taisent à jamais.
Le manque de repentir de la part des auteurs des faits incriminés constitue le premier argument de taille contre la légitimité d'un pardon collectif. De quels méfaits Willy Brandt - dont l'attitude à l'égard des nazis ne peut être mise en cause - serait-il coupable ? En quoi Jacques Chirac - qui avait à peine 10 ans lors de la rafles du Vel'd'hiv - serait-il coupable ? Tous aujourd'hui s'accordent sur le fait que la culpabilité - comme l'innocence - ne peut être qu'individuelle. Un gouvernement ou une nation ne sont donc jamais coupables de leur passé. On peut néanmoins concevoir qu'ils soient responsables de la manière dont ils gèrent aujourd'hui l'héritage de leur histoire.
(…) ni l'Etat, ni un peuple ne peuvent prétendre pardonner. Ces limites étant posées, rien n'empêche de souligner la portée des actes de reconnaissance destinés à susciter un nouveau départ dans les relations entre communautés ou entre Etats. La présentation d'excuses officielles ne peut "réparer" les dommages subis par des individus affectés dans leur chair ou leur entourage, mais elles peuvent contribuer au soulagement de leur blessure et par là, donner "un futur à la mémoire" . Notre objectif n'est donc pas de considérer ces démarches avec cynisme, mais de les replacer dans le contexte qui est le leur. Sur la scène politique, seul un pardon au sens métaphorique du terme peut être évoqué.
Je n’aime pas ces notions chrétiennes de péché et de pardon. Surtout, je trouve répugnant qu’il est possible de notre temps d’affirmer avec passion qu’on est toujours coupable des fautes de ses ancêtres et qu’on naît coupable, sale, victime ou bourreau. Je ne crois pas en ces notions barbares de malédiction, de sang, ou de culpabilité qui se transmettraient de génération en génération. Cependant si je rejette le péché et la culpabilité, je crois en la responsabilité qui est une notion plus humaine puisqu’elle prend en compte les erreurs et le fait fondamental que les crimes des autres restent les crimes des autres même si les autres nous ont donné la vie. Le fait d’être responsable ne donne à ceux qui suivent que l’obligation de savoir et de faire de ce savoir ce qu’ils veulent car après tout le passé ne doit pas faire de nous des esclaves et la condamnation Sartrienne à être libres est toujours présente. Etre responsable cela veut dire non pas avoir du sang sur les mains mais accepter que le passé et les leçons l’histoire sont capitales même s’ils ne conditionnent pas obligatoirement le présent et l’avenir.

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