Antoine Glaser donne une lecture intéressante de la libération des infirmières Bulgares et de la stratégie de Kadhafi :
S’il était bien normal que l’opposition demande la transparence, il n’est pas sûr qu’un pacte secret ait été scellé lors de la libération des infirmières bulgares. Je ne crois pas que la commission d’enquête parlementaire aurait beaucoup appris d’une audition de Cécilia Sarkozy, si elle l’avait obtenue. Pour le colonel Kadhafi, la politique est d’abord familiale et tribale. Il était important que le président français envoie sa propre femme négocier avec lui. Le fruit était déjà mûr, par le travail de l’Union européenne et les visites de Philippe Douste-Blazy. Mais l’aspect “intimiste” de cette fin de partie était nécessaire à la reprise des relations entre la France et la Libye, qui rappelons-le ont été conflictuelles depuis l’indépendance libyenne.(…) Le plaisir savouré par le colonel Kadhafi a été de lever le poing sur les marches du perron de l’Élysée. Et de voir aussi les milieux d’affaires français venir lui faire allégeance, sous sa tente dressée à l’hôtel Marigny, après tant d’années de conflit avec les militaires français. Ce coup diplomatique s’accompagne d’un accord stratégique étonnant puisqu’on sait que le colonel reste incontrôlable, anti-impérialiste et dogmatique comme avant. Personne ne l’a regardé de très près. (…) La stratégie du colonel consistait à se faire adouber comme le parrain de l’Afrique par l’ancienne puissance coloniale. C’est ce qu’il a obtenu de Nicolas Sarkozy. C’était son rêve. L’article 4 de leur accord stipule que la France et la Libye font de l’Afrique une priorité commune et soutient l’Union africaine et la Communauté des états sahelo-sahariens (Censad). C’est l’aspect stratégique de cet accord. Kadhafi voudrait chausser les bottes des français dans la région.
La seule question que je me pose est celle de savoir si ce genre de manœuvres va continuer et si un jour un incident dangereux n’aura pas éventuellement lieu.

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