Je suis de retour ! Cette fois-ci pour de bon ! J'ai eu un vrai faux retour il y a deux semaines mais j'ai changé d'avis en réalisant que je ne revenais par obligation et je souhaitais revenir par envie et par passion. J’avoue que prendre du recul m’a fait du bien. Je me suis rendue compte que la passion est épuisante et nécessaire et que si le fait d’être absolue m’empêche parfois d’être raisonnable, il me permet de dépasser mes limites. Je refuse de croire qu’être faux ou tiède, accepter de se couper le bras, se taire lorsqu’il faut hurler est la meilleure manière de vivre. Je vais donc m’accepter telle que je suis : obsessionnelle, fêlée comme Baudelaire et non comme Henri Guaino et incontrôlable parce que je ne sais pas la fermer et trouver de la jouissance dans la soumission.
Je vais prendre un risque et dire une chose osée : les femmes ont en général du mal à être elles-mêmes. Si elles disent avec passion “je”, on leur répond qu’elles sont trop individualistes, trop ambitieuses, et incapables de faire autre chose que de vivre devant un miroir. Si elles se refugient derrière le pronom “nous,” on leur dit qu’elles ne sont pas assez fortes pour des cheftaines, pour assumer les lourdes responsabilités qui viennent avec le pouvoir. Ceux qui suivent la campagne américaine savent qu’il se passe quelque chose de très intéressant en ce moment qui montre bien qu’être une femme de pouvoir veut dire accepter de ne pas trop marcher la tête haute et d’être sadomaso en disant merci après avoir été battue. L’année dernière, on disait à Ségolène Royal qu’elle n’était Hillary Clinton, je me demande si cette année on dira à Hillary Clinton qu’elle n’est pas Ségolène Royal, c'est-à-dire qu’elle n’est pas assez spontanée, audacieuse, et légère pour être Numero Uno. Mais une chose est sûre : le plus grand obstacle à l’émancipation (je déteste ce mot parce qu’il sonne faux et creux) ce ne sont pas les hommes mais les femmes. Je développerai cette idée plus tard.
Bonne année à tous. Je tiens à dire merci à mes lecteurs pour leur patience et particulièrement à Julien Tolédano, à Kamizole et à Craig (Happy New Year). La seule prédiction que je fais pour cette année est qu’elle sera celle qui démontrera si le Sarkozysme, le Ségolisme, et le Clintonisme que sont autres choses que des égotismes. En somme, le Sarkozysme devra prouver qu’il est un humanisme, le Ségolisme qu’il n’est pas un soliloque et qu’il peut aider le socialisme à cesser d’être un anachronisme, le Clintonisme devra prouver qu’il n’est pas le père du Néoconservatisme et du cynisme mais plutôt une preuve d’avant-gardisme qui créée les outils nécessaires pour assurer que la société américaine devienne plus égalitaire et plus ouverte sur le monde.
Pour utiliser des images intéressantes, Sarkozy doit devenir Bill Clinton, un libertin qui sait gouverner, Ségolène Royal devra devenir Hillary Clinton, une femme disciplinée qui tranche, qui n’a pas besoin d’être adorée pour convaincre. Hillary Clinton devra devenir Ségolène Royal en prenant plus de risques et en reconnaissant qu’en politique, un couple ne marche que lorsque la femme accepte de suivre et qu’elle doit dire aux Américains qu’elle est Hillary Rodham (son nom de jeune fille) avant d’être la femme de Bill et que voter pour elle ne veut pas dire voter pour lui.

Je ressens toujours un même plaisir à te lire. Ce blog est un regard personnel sur la politique, où l'égotisme n'est pas omniprésent et les analyses toujours fines et pertinentes. Continues et merci pour les archives !
Rédigé par : Julien Tolédano | mardi 22 janvier 2008 à 14H56