J’ai décidé de ne plus suivre la campagne des démocrates parce qu’honnêtement je suis déçue par le scénario. Je m’explique. Cette campagne me fait penser au film Alexander de Oliver Stone, le sujet est passionnant, les acteurs sont à priori de bons acteurs (dans ce film c’était Anthony Hopkins, Colin Farrell et Angelina Jolie), le metteur en scène sait ce qu’il fait (Après tout, Stone c’est l’homme derrière JFK, Wall Street, …etc.) mais le film est nul parce que l'histoire devient une collections de clichés et de conclusions trop faciles. Le problème est ces acteurs de ce qui devait devenir un superbe film ont choisi de jouer des rôles qui ne sont pas suffisamment grands pour eux parce qu’entre autre ils sont mal écrits. La campagne des Démocrates prend une tournure dangereuse non pas parce qu’il y a trop de suspens (il n’y en a pas vraiment ; les primaires ce n’est pas qu’un match de football où tout peut arriver mais c’est une coupe du monde où à la fin les équipes qui finissent par gagner sont quasiment toujours celles qui ont déjà gagné ou celles qui ont non seulement du talent mais aussi de la discipline et des alliés. La Grèce peut gagner la coupe d’Europe mais on peut difficilement l’imaginer gagner la coupe du monde) mais parce que quelque chose est en train de se défaire et non de se construire. Je pense qu’il y a une fracture qui s’est créée non pas entre le camp Clinton et le camp Obama mais entre les idéalistes et les pragmatiques de leur parti. Les idéalistes sont ceux qui détestent la politique et veulent la remplacer par de la rhétorique inspiratrice en faisant du premier des politiques, le père de la nation, celui dont la tâche principale est d’unir, de faire sourire, pleur, et d’inspirer. Je ne veux pas de cela parce que je crois que le rôle du politique est avant toute chose de résoudre des problèmes précis. Je ne veux pas que Hillary ou Obama devienne un parent ou un poète qui donnerait des encouragements aux électeurs lorsque ces derniers leur demanderont des comptes.
Les pragmatiques sont ceux qui estiment que le “changer la vie ” de Mitterrand ne veut pas dire chanter avec tout le monde « Oasis, Oasis, c’est bon c'est bon » (c’est mon hommage tardif à Carlos) mais poser des actes forts qui aident les citoyens à vivre leur vie et à trouver d’autres modes d’inspiration que d’observer leurs politiques nettoyer le sol. Seuls les Démocrates comme les Socialistes français pouvaient trouver le moyen de transformer une campagne entre deux bons politiques en une campagne négative sur l’âme de leur parti alors que tout le monde sait qu’un parti n’a pas d’âme mais que c’est juste un machin qui permet de gagner des élections. Hors cette élection qui n’est pas imperdable mais gagnable car une élection imperdable cela n’existe pas, les Démocrates risquent de la perdre parce qu’ils ont envie non pas de cicatriser les blessures du Bushisme mais de tout détruire pour tout reconstruire en chantant non pas “All we need is love ” mais “All we need is hope. ” En effet, pour trop de Démocrates, nous ne sommes pas en 2008 mais 1776 et l’Amérique peut désinfecter son passé en devenant une adepte de la nourriture bio. L’Amérique n’a donc pas plus de 200 mais elle a tout juste un mois.
J’arrête de regarder cette campagne minable parce que le scénario n’est pas à la hauteur du moment. On ne parle plus que des Clintons, de racisme, de féminisme, de mesquinerie, de divisions, d’inspiration, de manipulations, du passé, et d’un futur sublimé. Je m’attendais à mieux. Les candidats sont attirants. Ils avaient tout pour faire de cette campagne, un moment non pas propre mas mémorable mais ils se sont laissés emporter par l’idée que leur rival était un ennemi. J’arrête de regarder ce mauvais film parce que je ne veux pas être complice de cette mascarade. Je reviendrai à la campagne lorsque les primaires seront terminés.
Ceux qui lisent ce blog savent que je suis pour Hillary Clinton. Je le suis non pas parce que je suis contre Obama mais tout simplement parce que même si la spontanéité, l’éloquence, le rêve, l’espérance sont de son côté, il lui manque un élément essentiel ce n’est pas l’expérience mais de la substance, cette croyance prosaïque que lorsque les actes sont justes et constructifs, ils n’ont pas besoin d’être sublimés ou d’inspirer parce que leur impact suffit pour changer la vie. L’argument de beaucoup de gens est que Obama c’est Macintosh et Hillary Windows. Je ne suis pas d’accord. Je crois que la vraie métaphore est que Hillary c’est du veau casher et que Obama est un yaourt Bio. L’argument de Hillary est que les électeurs ont besoin de viande pour vivre, se battre pour leur rêves et qu’étant casher, on ne peut l’accuser d’être aux hormones et de ne pas respecter le consommateur. L’argument de Obama est qu’il est sain, et que Hillary a les mains sales et que les électeurs n’ont pas besoin de viande mais de produits sains et légers pour devenir des êtres meilleurs et changer de vie. C’est une discussion “saine ” et essentielle mais le problème est qu’elle s’est transformée comme quasiment toutes les débats politiques ces derniers temps entre une lutte entre le bien et le mal. J’arrête de voir le film parce que la campagne des démocrates s’est Bushisé. Les medias disent tous que c’est la faute des Clintons mais je ne le crois pas parce que il suffit de se demander à qui bénéficie la diabolisation qui donne envie de devenir végétarien et ne plus manger que des yaourts Bio pour ne plus avoir les mains sales et de ne pas tomber malade ou de vivre moins longtemps en mangeant de la viande casher. J’arrête parce qu'honnêtement, j’ai beau aimer la politique, je ne crois pas que c’est la chose la plus importante au monde même si elle est essentielle. Tellement de gens ont besoin d’aide pour non pas vivre mais survivre et que je pense en se focalisant artificiellement sur le racisme, le sexisme, les politiques les laissent tomber en leur faisant comprendre que leurs vies sont moins importantes que des combats d’arrière-garde.
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