Besancenot sur ce que veut dire être anticapitaliste en 2008 :
C'est regarder vers l'avenir. Moi, je ne suis pas anticapitaliste et révolutionnaire d'abord par nostalgie. Ce n'est pas d'abord au nom des glorieuses luttes du passé du mouvement ouvrier que je me réfère à l'anticapitalisme.
C'est d'abord parce que je regarde droit devant, et que je constate chaque jour un peu plus que l'économie de marché, c'est-à-dire le capitalisme, nous envoie contre le mur, nous, l'environnement, et qu'elle le fait de façon particulièrement violente lorsqu'on constate que le monde actuel est à feu et à sang.
Sur le parti d’extrême gauche qu’il veut créer, Besancenot dit ceci :
Ce ne sera pas un parti réformiste, donc révolutionnaire, mais révolutionnaire au sens contemporain du terme.
Ce parti ne sera pas hostile aux réformes concrètes, sur les salaires, la protection sociale ou le service public. Mais pour imposer ces réformes, il faudra changer de société à terme.
Il s'agit d'au moins chercher à réfléchir à quoi pourrait ressembler une autre société que la société capitaliste.
Les idées révolutionnaires sont décriées et jugées ringardes par une partie de la classe politique, elles sont pourtant beaucoup moins datées que le système capitaliste qui, aujourd'hui, est en crise.
Pour nous, la révolution n'est pas un dogme. Il ne s'agit pas de gagner abstraitement et idéologiquement une majorité de l'opinion sur un nouveau petit livre rouge.
Nous n'avons pas de réponse ficelée et de projet de société clé en main, mais contrairement au PS, nous ne nous accommoderons pas de l'économie de marché.
Evidemment que tout cela est super démago puisque Besancenot sait que prêchant la révolution comme Castro et les autres il n’aura jamais vraiment une demande de résultats puisqu’il pourra toujours dire, la révolution est en marche. Le problème est que face à Besancenot pour le moment il n’y a personne. Pendant qu’il parle révolution et d’anticapitalisme, le PS fond et ses leaders parlent des feux de l’amour juste pour évident Ségolène Royal parce qu’ils préfèrent s’affronter entre eux en prétendant que la France et le monde n’ont pas changé et qui leur suffira toujours juste de se « présenter » à des élections pour que les électeurs dépités par la Droite votent pour eux.

Je pense que l'avenir du PS est de toujours moins s'accomoder du marché. Je vois de l'intérieur qu'un certain nombre de militants ne prennent même plus le temps d'expliquer ou d'apprendre le compromis nécéssaire du socialisme avec le marché, comme leurs prédécesseurs le faisaient très majoritairement il y a dix ans. Beaucoup d'entre eux sont gênés à la seule évocation de l'économie de marché parce que beaucoup d'entre eux n'y croient plus.
A titre personnel, je m'en accomode mais me demande bien vers quoi nous allons...Victoire intellectuelle de Besancenot ? Je dirais plutôt: ravages différés de l'altermondialisme, qui a détruit la pensée de marché sociale-démocrate chez nombre de Socialistes.
Rédigé par : Julien Tolédano | dimanche 03 février 2008 à 15H27