J’ai lu le discours que Sarkozy a donné à Alger Lundi dernier dans lequel il dénonçait le système colonial et je n’ai pu m’empêcher de penser à son discours de Dakar en me disant qu’est qui avait poussé Sarkozy à dire :
Parler d‘avenir, ce n‘est pas ignorer le passé. Je suis convaincu depuis toujours que pour bâtir un avenir meilleur on doit au contraire regarder le passé en face. C‘est d‘ailleurs ce que nous avons fait en Europe. C‘est le travail de mémoire que je suis venu proposer au peuple algérien. Oui, le système colonial a été profondément injuste, contraire aux trois mots fondateurs de notre République : liberté, égalité, fraternité.
Mais il est aussi juste de dire qu‘à l‘intérieur de ce système profondément injuste, il y avait beaucoup d‘hommes et de femmes qui ont aimé l‘Algérie, avant de devoir la quitter. Oui, des crimes terribles ont été commis tout au long d‘une guerre d‘indépendance qui a fait d‘innombrables victimes des deux côtés. Et aujourd‘hui, moi qui avais sept ans en 1962, c‘est toutes les victimes que je veux honorer.
Notre histoire est faite d‘ombre et de lumière, de sang et de passion. Le moment est venu de confier à des historiens algériens et français la tâche d‘écrire ensemble cette page d‘histoire tourmentée pour que les générations à venir puissent, de chaque côté de la Méditerranée, jeter le même regard sur notre passé, et bâtir sur cette base un avenir d‘entente et de coopération.
Je me suis rendue compte que pour Sarkozy l'Algérie n’est pas un pays Africain mais un pays Méditerranéen et surtout il est un pays riche car il ne faut pas oublier l’élément clé qui est évidement le pétrole et son marché. Mais que penser du discours ? Sarko en a dit juste asssez. Dire plus aurait été exploité le passé alors qu'on sait bien qu'il croit que la colonisation a eu des effets positif. Dire plus aussi aurait été inapproprié car il aurait sous-entendu que les Français d’aujourd’hui sont coupables du système colonial. Ce qui me gène ce n’est pas les mots de Sarko sur le passé mais ses mots sur le présent et ces actes surtout qui coupent l’Afrique en deux en estimant qu’il y a une partie qui est plus propre, pauvre mais riche en ressources naturelles et peuplée de personnes qui réussissent à se tourner vers l’avenir et une autre Afrique peuplée de pauvres gens que la colonisation n’a fait que civiliser puisqu’ils ont toujours eu en eux des déficiences qui les empêchent de se développer. En somme, tous ces discours sur le passé me gonflent! Ils sont des arbres qui cachent la forêt. Les Sénégalais ont eu droit à un discours fleuve qui leur faisait la morale. Les Algériens ont entendu un discours qui reconnaît les blessures du passé pour pouvoir continuer à tirer profit d’une relation présente déséquilibrée (le discours d’Alger a été fait devant des chefs d’entreprises) qui ne profite qu’à un régime et à ses proches. La raison de cette différence est la suivante: le Sénégal est un pays “inoffensif ” (dans le sens où Dakar n’a pas les moyens de faire pression sur Paris sur aucun dossier que ce soit) et pauvre alors que l’Algérie est un pays riche qui est la terre d’origine de beaucoup de Français dont la France peut difficilement se passer si elle veut rester compétitive avers la Chine dont l’influence est grandissante sur le continent Africain. Ce n’est pas une question de racisme mais de real politik et de cynisme politique.

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