Je trouve ce débat entre Christine Bravo et Nadine Morano fascinant parce qu'il porte sur deux questions clés : les jeunes de banlieues doivent-ils devenir comme les autres pour réussir ? Est qu’il est suffisant lorsqu'on vient de banlieues de parler "normalement" pour réussir ? Ni Bravo ni Morano n'ont vraiment tort sur cette question de langage mais je crois qu'en France, la culture des banlieues est considérée comme une inculture et que ceux qui ont le pouvoir politique et économique croient que ces jeunes pour ne plus faire et s'intégrer doivent ressembler aux autres parce que leur différence n'a pas de valeur.

That is an interesting debate... I think, both are right in some sense. It would be nice if the way one talked, or dressed, or one's accent did not matter in job hunting. But the fact is, they do, and it seems to me always have, so if I were giving advice I'd tell them straight up that certain norms are expected in the world of work that everyone needs to conform to.
Rédigé par : Craig | jeudi 06 décembre 2007 à 01H31
Bonjour,
Je suis contente de revenir sur cet excellent blog (il faut que je vérifie s'il est sur ma liste de blogs "affinités sélectives, sinon ce sera fait incontinent).
Vous posez-là une question non seulement intéressante mais cruciale.
J'ai lu plusieurs ouvrages sur le "parler des jeunes de banlieue" dont un fort bien documenté dictionnaire (je ne pense pas avoir noté la référence mais je peux le retrouver à la bibliothèque municipale) qui, en livrant toutes les clefs linguistiques (origine des termes et leur évolution, du verlan au verlan de verlan, etc...) nous donnait à voir en raccourci la création et l'évolution d'une langue. S'y ajoute la richesse ironique ou humoristique des "trouvailles".
C'est le côté créatif et culturel... forcément culturel au sens des sociologues en tant que fait de société.
Le problème c'est que la plus grande part des jeunes qui utlisent ce nouveau vocabulaire ne maîtrisent pas du tout ou si peu le français. Certains parlent d'un corpus de 400 mots !
Personnellement, si je ne suis pas du tout douée pour les langues étrangères, je me sers de tous les aspects du français (argot, langue des banlieues et même... solognot). Ces "parlers" me sont des "plus".
Sans doute faudrait-il faire comprendre à ces jeunes que leur langue n'a rien de méprisable mais qu'ils doivent également apprendre à parler le plus correctement possible le français (en se moquant de ceux qui les traiteront de "bouffons") pour que leur "parlage" deviennent un plus au lieu d'être un moins...
Rédigé par : kamizole | vendredi 07 décembre 2007 à 03H33