Le discours de Sarkozy au Congrès peut être résumé en cette phrase : j’aime l’Amérique parce que tout y est vraiment possible, j’aime les Américains, j’ai envie d’apprendre des Américains, et j’aimerais qu’ils m’aiment car alors je les aimerais encore plus qu’aujourd’hui. C’était un bon discours mais je crois que sa chaleur et sa fraîcheur n’ont pas été vraiment retransmises dans sa traduction en Anglais.
J’aurais aimé que Sarko fasse un discours plus Français, c'est-à-dire qu’au lieu de parler au Américains de leur pays, qu’il leur parle de son pays, de la France, de ses valeurs et des raisons pour laquelle il a la conviction que ces deux pays sont condamnés non seulement à être alliés mais à rester frères. La phrase clé pour moi était celle où Sarkozy faisant allusion au conflit en Irak a déclaré que chaque fois qu’un soldat américain mourait, il se sentait aussi triste que s’il avait perdu un membre de sa famille démontrant ainsi en filigranes qu’il supportait la mission des troupes Américaines.
Sur le terrorisme, je dirais que Sarkozy a fait du blair si je voulais être gentille ou plutôt du Giuliani si je voulais être méchante en disant qu’il a été ferme en traçant une ligne rouge pour montrer que la France n’est pas un pays pacifiste puisque son président croit en la force et en la puissance.
Le message a été bien reçu. Les plus enthousiastes étaient les Républicains car ils considèrent Sarkozy l’un des leurs puisqu’ils adorent le travailler plus pour gagner plus. Les Démocrates étaient plus réservés en l'applaudissant juste assez quand il disait du bien de leur pays. Ils sont plus méfiants car ils ne savent pas encore quoi penser de Sarkozy. Ils aiment son Atlantisme mais ils se demandent si Sarkozy c’est Berlusconi ou Tony Blair. Pour le moment, ils attendent avant de porter un jugement. Je n’ai aperçu ni Hillary Clinton ni Barack Obama dans l’assistance, ce qui me confirme cette méfiance car si c’était Blair ou même Gordon Brown qui avait fait ce discours ces deux candidats importants à la candidature démocrate auraient été présents.
En somme, Sarkozy a fait un discours qui ne deviendra mémorable que s’il est suivi par des actes et comme je l’ai déjà dit, Sarkozy a mis la barre très haut et au premier conflit, ses amis de la droite américaine lui diront qu’il avait promis d’être différent mais qu’il est vraiment un Français et non un Américain. Le défi de Sarkozy est que de réussir à se blairiser sans finir comme Blair et en faisant de la France un pays ami qui sait dire non sans que ce refus soit interprété comme de l’anti-américanisme.

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