« Dans un pays où elle s’impose avec évidence, la nation n’est pas un sujet politique. Lors de l’élection de 1974, les Français ne s’intéressaient pas à ce que racontaient Malraux et les gaullistes sur la nation et la résistance. Mais aujourd’hui, avec l’immigration, la mondialisation, la désintégration du travail, il y a un problème identitaire. La nation est redevenue un sujet fondamental de la politique. (…)
Le politiquement correct pousse à la repentance. On veut faire expier aux fils les fautes des pères. C’est absurde. Ma France à moi, elle n’était pas à Vichy. Je ne vais pas me repentir de quelque chose que je n’ai pas fait et que je réprouve. Et tous les Français n’étaient pas pétainistes. Il y a eu des mères françaises qui ont caché des enfants juifs parmi leurs propres enfants. Il y a eu autant de résistants que de miliciens. L’histoire de France n’est pas sans tâche. Il y a eu des fautes, il y a eu des crimes, mais il n’y a pas eu que cela. Il faut toujours chercher la vérité. Mais il faut résister à cette mode de la repentance qui finit par exprimer la haine de soi, qui débouche souvent sur la haine des autres.
(…) Le discours de Dakar contient le réquisitoire le plus implacable contre la colonisation qu’ait jamais prononcé un chef d’Etat français. Nicolas Sarkozy a dit aux jeunes africains : l’héritage de la colonisation est aussi le vôtre. Il y a tous les crimes, mais il y a aussi les droits de l’homme, l’égalité hommes-femmes, l’universalisme. Vous êtes, comme disait Senghor, des «métis culturels». Assumez vos deux héritages. Sur ces deux héritages, nous pouvons bâtir un avenir commun ». Henri Guaino.

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