L’une des raisons pour lesquelles j’aime lire le bloc–notes d’Ivan Rioufol tous les Vendredis dans le Figaro est qu’il me suffit de le lire pour comprendre pourquoi je pense ce que je pense et surtout pourquoi il est impossible pour moi d’être du côté de ceux qui se construisent sur la peur de l’autre. Ce vendredi, Rioufol écrit sur l’immigration et ce qui m’attriste est que je pense que son point de vue est devenu majoritaire en grande partie parce qu’on ne peut pas combattre des peurs qui sont tellement humaines en refusant de les voir et en se contentant de dire qu’elles sont racistes sans démontrer qu’elles sont avant toute chose archaïques et basées sur une vision du monde qui a toujours fait de lui un endroit noir et violent. Morceaux choisis :
Le refus de voir sert d'échappatoire. Il permet, cette semaine, d'étaler ses vertus en critiquant le projet visant à réduire le regroupement familial. Le recours aux tests ADN pour confirmer des filiations, pratiqué par douze pays voisins, inspire des postures avantageuses, y compris au sein du gouvernement : pour Fadela Amara, « cela jette l'opprobre sur les étrangers qui veulent venir chez nous ». Faut-il donc baisser les bras, y compris face à la fraude ?
Ces exercices de style masquent des hypocrisies. Les moralistes s'indignent d'un quota d'expulsion de clandestins, mais chuchotent que la France ne peut accueillir tous les miséreux. Les immigrationnistes ne jurent que par le métissage culturel, mais se gardent d'envoyer leurs enfants dans les lycées sinistrés. Les commentateurs en appellent au co-développement, mais n'ignorent rien des ambiguïtés de ce paternalisme néocolonial. (…)
La France, qui ouvre enfin les yeux, ne peut continuer à vivre dans ce monde fictif, en laissant à l'Insee le soin d'« inventer » un solde migratoire conforme à ses attentes. « Inventer » : le terme est employé par la démographe Michèle Tribalat, qui note (dans la revue Diversité, juin 2007) : « La statistique publique doit aujourd'hui faire preuve de courage. » Pour elle, « nous sommes sans aucune boussole ». Un dérèglement qui permet toutes les manipulations, de part et d'autre.
Cet accommodement pour les faux-semblants est d'autant plus anachronique que Nicolas Sarkozy s'est engagé à dire la vérité aux gens et à défendre l'identité française. Or, si aucune mesure efficace n'est prise pour freiner significativement l'immigration durable et pour garantir le respect de la culture d'accueil, le séparatisme culturel qui s'observe ici et là, y compris désormais dans certains quartiers de Paris, risque de s'étendre et de se consolider au fil des décennies. Entre l'assèchement nationaliste et l'effacement mondialiste, il y a place pour une politique soucieuse de préserver la fragile unité du pays.
Les mots de Rioufol mènent à une question fondamentale de l’identité Française car on sent bien que pour lui l’immigration est une menace parce qu’elle change la France et parce que ces autres en essayant de devenir Français font que la France leur ressemble en la pillant et la salissant pour nourrir leur vermine . Cela m’effraie car cette question est plus émotionnelle que rationnelle dans le sens où les réalités ne comptent pas. Celui qui a peur et qui est chez lui a toujours raison. De nos jours, il est possible de justifier des préjugés suspects et inacceptables au nom de la préférence personnelle ou nationale ou tout simplement en tournant l’objectif de la camera sur l’autre pour lui dire qu’il ne fait rien pour être moins effrayant et moins étranger.

Muraille de Chine.
Mur des lamentations.
Mur de la honte.
Mur de l'ADN.
"Mais jusqu'ou s'arréteront-ils ?"
C'est bien beau de vouloir palier eternellement aux conséquences, mais quand s'intérrogeront-ils enfin sur les causes.
Rédigé par : Panthagoras | mardi 25 septembre 2007 à 12H15