« Les Français ont élu Nicolas Sarkozy pour qu'il fasse entrer la France dans le XXIe siècle en réformant le modèle construit après la Seconde Guerre mondiale puis modernisé par le général de Gaulle lors de la fondation de la Ve République. (…)
La France postgaulliste a vécu sous l'empire d'un consensus en matière de politique extérieure et de sécurité qui n'a été qu'aménagé à la marge, en dépit de la chute de l'Union soviétique, la montée des risques stratégiques liés au terrorisme et à la prolifération nucléaire, l'intégration de l'Union puis son élargissement, les bouleversements nés de la mondialisation et de la révolution technologique. D'où un écart croissant entre une rhétorique de la puissance et le recul de l'influence française qui a culminé avec l'échec du référendum sur le projet de Constitution, entre la prétention du verbe et le vide de l'action.
Le point de départ de la démarche de Nicolas Sarkozy consiste à prendre acte de la faillite d'une posture qui a fait de la France l'un des grands perdants du nouveau monde du XXIe siècle, pour la repositionner avec l'ambition de lui restituer les moyens de la puissance mais aussi de tirer les conséquences de son appartenance à l'Union européenne, de sa solidarité avec les démocraties, de la nécessité de participer à une mondialisation déterminant une nouvelle hiérarchie des nations et des continents ». Nicolas Baverez, “D’une Rupture à l’Autre. ”

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